"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 25 mai 2015

Un résultat bien mérité…



Je ne pensais pas devoir revenir sur les résultats de l’Eurovision Song Contest que j’évoquais l’autre jour ici. Non seulement c’est diantrement moins important que le classement PISA, mais on s’en fout carrément ! Au demeurant, il y a des enseignements à tirer de tout. Le classement de la Fwance au terme du barnum psychédélo-kitch de samedi dernier confirme une fois de plus qu’on ne récolte que ce qu’on a semé. Ce qu’on a semé et fait pousser en faisant ce qu’il fallait…

Il n’y a pas eu de vrai suspens ; les trois favoris ont terminé sur le podium : En premier le Suédois que tout le monde attendait. Bien sûr, il était soupçonné d’homophobie bien que s’étant platement excusé d’avoir osé dire l’an dernier dans une émission de cuisine que "l’homosexualité n’était pas naturelle"…  Mais tout le monde s’accorde pour dire que c’était le meilleur. Il a récolté 365 points… Avec 303 points, la Russe a fini seconde devant l’Italien (292 points) malgré les huées d’un public autrichien bestialement ramolli par la propagande hystérique des USA et de l’UE. Faut dire que les organisateurs avaient prévu un dispositif atténuant les bruits de la salle pour qu’on puisse l’entendre chanter… Pourquoi vous raconter tout ça ?
Ben, parce que la Fwance s’est finalement classée 25° sur 27 avec… 4 points. Et encore, grâce à l’Arménie et à San-Marin…

Bien sûr, France Télévision est content : "La chaîne s'est placée en tête des audiences, en réunissant plus de 4,4 millions de téléspectateurs pour 27,6% part d'audience. Il s'agit d'un record en part d'audience depuis 2009 pour la diffusion de l'Eurovision". Les affaires restent les affaires…

Mais pourquoi ce résultat aussi minable pour un pays qui présente un potentiel de paroliers, compositeurs,  chanteurs-interprètes et filières diversifiées de sélection autrement plus étoffé que l’Estonie, Chypres ou l’Albanie ? Et cela fait trente-huit ans que la France n’a pas décroché le titre !
Interrogée, la dernière française à avoir été en tête du palmarès (Marie Myriam avec "L’oiseau et l’enfant" en… 1977) a dit hier : "Je pense que l'on n'y va pas avec les bons outils. On n'a pas les bonnes chaussures et le bon ballon"…

- D’abord, les candidats de la plupart des autres pays sont dans leurs pays respectifs des vedettes de premier plan qui attirent des foules de fans et le titre interprété est déjà un tube chez eux. Il n’y a pas de fumée sans feu.
Nous autres, on a envoyé là-bas une quadragénaire déjà amortie et corporellement consistante qui, pour ce que j’en sais, poursuite depuis quelques lustres une carrière assez laborieuse. Virginie Vetrano à la ville, Lisa Angel sur scène, a été révélée notamment par Patrick Sébastien qui l’a gentiment poussée dans le milieu.   

- Ensuite, en faisant défiler tous les genres possibles plus ou moins à la mode, de la bluette romantique aux hurlements de chienne en chaleur, du pop au dark le plus métal, la plupart des pays ont présenté des opus dont certains pourraient cet été meubler les discothèques. Nous, les Fwançais, nous avons envoyé Lisa, statique dans sa robe noire, chanter "N’oubliez pas" sur… fond de rappel des zeurléplusombre etc.

Encore des métastases…
Ce pays est vraiment foutu.


dimanche 24 mai 2015

Les cinquantièmes hésitants…



Aujourd’hui, c’est Pentecôte. Du grec ancien πεντηκοστὴ ἡμέρα (pentêkostề hêméra) : "cinquantième jour".

Cinquantième jour après la Résurrection. Fête chrétienne majeure : Début de la Mission… Ravalée par sa reductio ad festivum au statut de "droit acquis" à un week-end prolongé pour réunions sportives et congrès associatifs, elle célèbre pourtant le mémorial du démarrage de la Mission apostolique de l’Eglise sous la bannière de l’Esprit. Fête du prosélytisme donc (quelle horreur… J’assume !) Finie la frileuse nostalgie entre potes planqués bien au chaud au cénacle. Quand faut y aller, faut y aller… Pour la gloire de Dieu et… le Salut du Monde !

Pour marquer ce jour que je fête ailleurs que sur le clavier, je vous envoie juste une petite carte postale : La socle de la statue de Karol Wojtyla (restons laïcs…) dont nos "libres" penseurs et les juges de notre "Etat de Droit" exigent le retrait de l’espace public… 



samedi 23 mai 2015

La panthénoïsation, nouvelle Présence réelle…



Le transfert des cendres au Panthéon, solennité apériodique mais fête d’obligation du culte républicain, est un rite qui perdure depuis 224 ans malgré les aléas des régimes politiques successifs. Les Saintes Espèces utilisées pour susciter si possible l’adoration des fidèles ou, du moins, l’expression de leur respect administratif, ne servent qu’une fois. Il en faut donc beaucoup. Si 27 offices seulement ont été célébrés en  224 ans, il y a parfois eu des fournées nécessitant au total le déplacement de 71 cadavres ! Autant dire qu’il y avait de tout et une majorité de dépouilles d’enfants du bon Dieu dont nous avons perdu la mémoire.
Si les restes d’un escroc nommé Mirabeau, premier du lot, et d’un tueur en série nommé Marat ont été après coup discrètement virés, il doit bien en rester d’autres…         

On notera que si la 5° République n’a panthénoïsé que dix de ses enfants en 56 ans, un seul l’a été en onze ans sous De Gaulle (Jean Moulin) et un en douze ans sous Chirac (Alexandre Dumas), le record absolu revient à Mitterrand qui a déplacé huit cercueils durant ses deux mandats !

A l’évidence – et ça se retrouve sous la 3° République dans sa période 1884-1908 – ce théâtre funéraire est particulièrement prisé par la sensibilité "sinistre" (laïque, progressiste, toussa…), d’autant que le cérémonial se déroule dans un temple volé en son temps à l’Eglise, donc foncièrement républicain.
Il va de soi que le Pédalonaute ne devait pas être en reste. D’autant qu’il n’a plus grand-chose dans sa boîte à outils pour meubler.   

Et le nouveau transfert, temps fort de la liturgie républicaine, est particulièrement grandiose :

Sans doute pas grandiose au sens de la qualité théâtrale du spectacle, des décors, de la chorégraphie et de l’accompagnement musical, non. Ça risque même d’être assez kitch, quelque chose à mi-chemin entre la descente aux flambeaux d’une cohorte de hallebardiers d’opéra et le convoi funèbre de Mozart rasant les murs… Mais grandiose tout de même par sa manière de concrétiser en un seul tableau, de synthétiser en une seule représentation solennelle, de symboliser dans une unité de temps et de lieu la substantifique moelle du quinquennat :

- Le mémoriel, toujours le mémoriel. Et, surtout, le mémoriel des HLPSDNH, seule référence cultuelle qui reste pour valider la religion républicaine, la justifier par la foi comme par les saintes écritures.
Va pour Pierre Brossolette, haute figure de la Résistance et convenablement socialiste. Mais pourquoi aller déranger ses cendres, les bousculer ? Il y a déjà celles de Jean-Moulin pour faire le job. Pourquoi ajouter encore un symbole au symbole ? Pour meubler l’ère pédalonautique… Fallait en trouver un. Ça me fait penser aux efforts qu’il fallait faire il n’y a encore pas si longtemps pour trouver dans les hôpitaux encore un ou deux poilus de 1918 à décorer…
- Et puis Jean Zay. Paix à son âme. S’il n’a, semble-t-il, rien eu à se reprocher comme soldat en 40, le seul titre de gloire à son… actif est d’avoir été assassiné par des sbires de la milice. Bien d’autres l’ont été aussi et on ne s’en souvient pas. Mais lui avait été rad-soc’, franc-maçon, ministre du Front Populaire et avait accessoirement conchié le drapeau français… Le symbole, là, c’est que l’adresse "Aux grands hommes la Patrie reconnaissante" peut dorénavant être attribuée à n’importe quel politicien ayant eu la chance de se faire flinguer par des méchants (pour peu qu’il soit du bon bord)...

Mais le plus grandiose n’est pas là ! Il est dans la nécessaire intervention de la parité, nouvelle dimension indispensable à la validité du culte. Germaine Tillion et Geneviève De Gaulle-Anthonioz, chacune dans son genre, font l’affaire. OK.

Et là, on atteint le sublime ! Les familles de ces deux dames, sans se concerter et en dépit des pressions qu’on imagine, ont farouchement refusé qu’on vienne exhumer leurs proches de leurs caveaux de famille pour aller les balader en spectacle. Puis les fourguer dans un recoin de ce mausolée glacial où il est interdit aux familles de venir mettre un pot de chrysanthèmes à la Toussaint ! Et toussa, pour servir peut-être de fond d’écran aux selfies de quelque Japonais de passage…

Bref, le plus grandiose c’est qu’on va rentrer en grande pompe dans ladite nécropole deux cercueils vides lestés d’un peu de sable… Et Moi-président fera au prompteur le joli discours bien senti qu’une "plume" aura écrit avec les mot-valise de rigueur et en pompant sur Wikipédia pour meubler les blancs…

La hollandie dans toute sa splendeur !    


jeudi 21 mai 2015

Programmes du collège et culture numérique…



Vous connaissez mon abnégation quand il s’agit d’interroger l’avenir de l’espèce. Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que j’ai fait l’effort de survoler (survolé seulement, faut quand-même pas déconner) le nouveau programme scolaire du collège unique ("cycle 4" dans le jargon), concocté sous la responsabilité hiérarchique, sinon l’expertise, de la divine Najat (Pdf ici)…

Au-delà de tout ce qui a déjà été dit sur ladite réforme, notamment en ce qui concerne l’histoire et les langues, j’ai pour ma part retenu deux choses :
- D’une part, cette lancinante incantation chère au Pédalonaute et à Fleur Pellerin dans leurs discours : La nécessité de développer les compétences numériques. Et notamment celle "d’appliques les repères et l’esprit critique à la nouvelle culture numérique"
- Et d’autre part, la novation qui va booster l’efficacité du Mammouth que je vous dis pas : "Les enseignements pratiques interdisciplinaires pour conduire l’élève à mieux comprendre et maîtriser les savoirs."

S’agissant de ces fameux enseignements pratiques interdisciplinaires, influencé sans doute par les pratiques interministérielles et une pensée pour cette pauvre Fleur passée du numérique à la Kultur, je me suis arrêté sur le chapitre Histoire des arts (pages 29 et suivantes du Pdf) :

« L’histoire des arts est enseignée dans le cadre :
- de l’histoire et de la géographie, non comme illustration ou documentation de faits historiques mais comme une dimension d’histoire et de géographie culturelles, par l’étude périodisée des circulations, des techniques, des sensibilités et des modes de vie.
- (…) »

Là-dessus, j’ai eu le plaisir d’avoir la visite de mon pote Valerian venu prendre le café. Et vous savez bien que je suis le seul auquel il consent parfois à prêter son translateur spatio-temporel qui ne le quitte jamais (un modèle Nokia qu’on ne trouve pas dans le commerce) Du coup, je suis allé jeter un fugace coup d’œil en 2018, dans une salle de classe un espace standardisé d’échanges cognitifs codifiés. C’était la fin d’une heure interdisciplinaire où les élèves apprenants avaient à rendre un devoir sur table une proposition formalisée d’histoire de l’art ; le thème était l’architecture romane du XII° siècle et le document à analyser et argumenter était une description de la Tour de Pise par Chateaubriand extraite d’un récit de voyage (texte heureusement expurgé du passage où l’auteur signalait qu’il s’agissait du campanile d’une cathédrale. Une telle construction isolée ne pouvant être construite que pour le fun en ces temps obscurs…)

Un apprenant rendait sa copie proposition au pion à l’agent d’ambiance. Et j’ai juste eu le temps de la photographier par-dessus son épaule. La voici :   


mercredi 20 mai 2015

On ferme ! (Panique à bord, suite…)



Je n’ai pas l’intention de paraphraser le billet de Corto ce matin ; tout y est dit.

Bien sûr, cette publication en loucedé au JO d’hier donne l’occasion de ricaner des légions de cocus ayant fait grève et/ou défilé mardi après avoir voté dans l’enthousiasme il y a trois ans en faisant ce geste ridicule avec leurs coudes. Et aussi de s’indigner. On se contente de ce qu’on a…

Au demeurant, cette manœuvre d’un cynisme sans nom est bien plus qu’une manœuvre de tactique politicienne : Elle est la preuve par trois que le pays n’est pas seulement dirigé (comme beaucoup le pensent depuis trois ans) par une bande de bras cassés dépassés par leur incompétence. Il est dirigé par une clique animée d’un seul souci : la peur du peuple, du peuple qui pourrait la priver du pouvoir… Et la preuve, surtout qu’il ne s’agit pas, comme beaucoup le croyaient encore, d’une clique de république bananière se protégeant par une dictature soft avec, çà et là, quelques petits arrangements de court-terme ; non, il s’agit bien d’un régime totalitaire bien décidé, quoi qu’il arrive, à changer le peuple pour l’avoir à sa botte. Leurs trépignements et jusqu’auboutisme pour ce texte touchant à l’éducation le confirme.

Par faiblesse ou naïveté, sans doute, je veux bien admettre qu’une majorité de la piétaille de la clique (sous-ministres, élus et prébendiers du milieu, culturel, associatif, des médias, etc.) qui masturbait l’air de leurs petits bras à l’horizontale en 2012 n’avait pas vu le film comme ça. Au demeurant, au fil des contrariétés imposées par le réel qui est têtu comme on sait, le régime tire les leçons de ses erreurs tactiques et n’hésite plus à imposer robespierrement un totalitarisme parfaitement légitimé par la Religion d’Etat puisque celle-ci est en danger.

- Dans un premier temps, bénéficiant encore du soutien dévot des cisailleurs de vent, s’agissant d’imposer des mesures sociétales à ses yeux allant de soi, le pouvoir s’est contenté d’ignorer l’opposition populaire. L’ampleur des Manifs pour Tous était sans importance ; aurait-elle été le double ou le quadruple n’y aurait rien changé. Ayant la majorité des deux chambres, il lui suffisait de le la mépriser, de la ridiculiser et de la stigmatiser en ajoutant de ci, de là, quelques manipulations d’officines et provocations policières astucieusement distillées…  

Mais, le réel étant toujours là et la piétaille des dévots se raréfiant, il a fallu démonter les portiques de l’écotaxe, Calais est devenu ce que ne furent jamais les plus pouraves des caravansérails du Moyen-Orient   et les fourrés de Notre-Dame-des-Landes sont toujours une décharge de canettes vides, préservatifs et ressorts de sommiers… Quant au chiffre d’affaires de Pôle-Emploi n’en parlons pas…

- Vint alors la grosse erreur de nos pieds nickelés : La gestion du projet de loi dit "Loi Macron"
Dans ses grandes lignes comme dans nombre de ses détails, cette loi était bienvenue. Bien que la sachant de nature à faire couiner une partie de sa majorité et bien que n’étant pas du genre à s’embarrasser de scrupules, le pouvoir a jugé utile de lui faire suivre la procédure parlementaire normale. Résultat : le texte qui a fini par être adopté en dernière minute par recours au 49-3 n’est pas le texte initial mais un salmigondis totalement dénaturé à coups d’amendements destinés à le vider de sa substance ! L’enseignement tiré de ça, c’est qu’à braquer de toutes les façons la représentation populaire, autant tirer le premier : déposer le texte sur le bureau de l’Assemblée et engager dans la foulée la responsabilité du gouvernement sans même laisser le temps de le lire… Ce pourrait être le cas la prochaine fois.

- Eh bien la leçon a été retenue : Dès qu’un texte risque de poser problème, a fortiori s’il relève du seul exécutif, comme ici un décret et un arrêté ministériel d’application, quel que soit l’ampleur des inquiétudes et refus exprimés par le peuple, c’est "- Circulez ! Y a rien à voir !"

Le Pédalonaute a commencé hier à Carcassonne sa campagne électorale en annonçant les "réformes" qui lui restait à faire dans les (moins de) deux ans qui viennent. N’ayant, de fait, plus ni majorité parlementaire fiable ni soutien populaire, gageons que les seules avancées autres que verbales que nous connaîtrons ne seront acquises que de cette façon : à la fois contre le peuple et contre ses (vrais) élites…