"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 3 septembre 2015

Ministère du Chômage...



Prenant la suite de personnalités comme René Viviani, Jean-Marcel Jeanneney, Joseph Fontanet, Jean Auroux, Michel Delebarre, Philippe Seguin, Martine Aubry et Jean-Louis Borloo ; puis, sous l’ère pédalonautique, de Michel Sapin et François Rebsamen, Dame Myriam El Khomri vient donc d’être élevée aux responsabilités de Ministre de plein exercice du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social (reprenez votre respiration)

Certes, cela fait plus d’un an qu’on n’ose plus trop parler de l’inversion de la courbe du chômage, concept initial de plus en plus ringard qu’on souhaiterait bien remiser en loucedé au placarde ; sans doute sur la même étagère que – souvenez-vous - le ridicule mouvement de cisaille des bras à l’horizontale pour masturber le vide tant le changement sera maintenant… Pourtant, bien que sa venue tarde et soit toujours inversement corrélée à celle de la courbe du fromage, l’acuraba candide peut légitimement penser qu’il s’agit toujours d’une priorité essentielle pour le Pédalonaute-en-chef puisque ce dernier en a fait une condition préalable de sa candidature pour un deuxième mandat.    
La désignation d’un(e) successeur(e) au poste successivement confié à deux de ses plus proches fidèles, poste en charge, notamment, d’améliorer l’employabilité des demandeurs d’emplois et de mener les rituelles, délicates et sportives négociations avec les partenaires sociaux, est donc forcément une décision de première importance. Attendu avec gourmandise par les commentateurs, le choix fait s’annonçait donc forcément signifiant.   

Ben, rien. Quasi silence radio. Le nom de l’heureuse élue a été annoncé à la sortie du Conseil des ministres comme un commentaire de faits divers, sans doute avec moins de solennité et d’impact médiatique que s’il s’agissait d’annoncer que Philaé, la chienne du président, était enceinte…

Bien sûr, la presse respectable a titré que "François Hollande a joué la carte du renouvellement générationnel en nommant la benjamine du gouvernement, peu connue du grand public, au poste clé de ministre du Travail "  Point barre.
Bien sûr, aussi, les blogs nauséabonds et site de "ré-information" (ou "d’in-faux" comme y cause l’Express) ont pris un malin plaisir à ressortir les touïttes commis par la dame : "Et moi je propose que ts ls Français qui vt s'acheter un riad au maroc pr leur retraite passe un examen d arabe a l ambassade" et "S'il y a des quartiers sensibles, c'est parec que d'autres sont insensibles"... Ce qui ne nous change pas beaucoup de la prose de bien d’autres sous-flingues du sérail…

Mais à part ça ? Quel enseignement signifiant tirer de cette nomination ?

D’abord, un petit retour sur Dame Myriam El Khomri dont vous n’aviez peut-être jamais entendu parler :
Née à Rabat d’un père commerçant marocain et d’une mère française alors enseignante "en coopération" au Maroc, bi-nationale de 37 balais au compteur, elle a fait son trou politique à Paris XVIII° avec Daniel Vaillant puis la mère Hidalgo. Elle se retrouve l’an dernier – peut-être le savez-vous – Secrétaire d’Etat à la Ville sous l’autorité (sic) de Patrick Kanner – peut-être en avez-vous entendu parler – transparent Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Bref, d’un seul coup d’un seul, la voilà bombardée patronne du Ministère du Travail et de la sauce qui va avec, Ministère jusqu’alors confié à des poids lourds… Quant à son précédent poste à la Ville, il est purement et simplement supprimé vu que Patrick sera bien suffisant pour s’occuper de ça tout seul.

Qu’en conclure ? Tout simplement qu’au-delà des nécessaires effets d’estrade, le Pédalonaute et sa clique ont enfin pigé qu’un ministère du Travail ne sert à rien aujourd’hui, sinon à entretenir une tripotée de fonctionnaires et les prébendes des "partenaires sociaux". En dehors d’un contexte de plein emploi disparu depuis quarante ans, une telle administration ne peut avoir aucune influence sur l’offre de travail. L’agir étatique en la matière ne peut venir que de Bercy, de la Commission des lois et de la simplification administrative. Alors, bien sûr, comme le roi ne peut dire qu’il est nu, on maintien une ministre de la chose avec pour mission de poursuivre la mise en place du compte personnel d’activité, arlésienne qui permet de meubler la com’ ; de faire durer l’examen du rapport sur les évolutions du Code du Travail (qui finira enterré comme ceux sur les retraites) ; et… de voir ce qu’on peut faire en matière d’assurance chômage. Pour ça, pas besoin d’immobiliser un poids lourd sur le dossier. D’ailleurs, dans cette atmosphère de fin de règne, on n’a pas dû en trouver prêt à ne rien pouvoir faire, pieds et poings liés par Bercy. Profitons-en pour faire un pâle petit coup de com’ en nomment une jeunesse, "issue de la diversité" et… femme (à propos, je ne sais plus où on en est au gouvernement de la parité arithmétique dont on faisait grand cas en 2012. Mais on s’en fout…)

Au moins, Dame El Khomri, reconnaissons-lui ça, n’a pas d’illusions. Elle sait que si son portefeuille porte le beau nom de Ministère du Travail, de l’Emploi, etc., sa vraie et unique raison sociale, en fait, c’est Ministère du Chômage. D’ailleurs, de sa propre initiative, son premier geste de ministre a été de rendre une visite à une antenne de Pôle-Emploi. Un peu comme un nouveau Préfet va déposer une gerbe au monument aux morts ou un Président de Conseil Général Territorial visiter les pensionnaires d’un EHPAD…  


mercredi 2 septembre 2015

L’éternelle sinistre attitude…



Juste une remarque aujourd’hui. Elle fait suite à mon billet d’hier. L’inénarrable bordel à venir dont il était question sera, ne l’oublions pas, un produit dérivé dommage collatéral obligé d’une pièce de théâtre qui sera un succès planétaire ; par sa fréquentation sûrement, par son succès… on verra (on ne parlera pas de la billetterie) Et si cette pièce de théâtre réunira en haut de l’affiche les acteurs les plus mondialement connus, les seconds couteaux et toutes les petites mains qui œuvres au succès de la pièce dans les profondeurs du générique ne veulent pas être oubliés…
En sa qualité de "Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie", donc tant qu’à faire, de l’environnement, de la paix des ménages et, of course, du Climat, Ségolène Royal entend bien saisir cette occasion pour se pousser du col, apparaître comme le Régisseur – voire le coscénariste – de l’œuvre et espère se pousser du coude pour figurer sur scène avec les têtes d’affiche lors du salut final (et les bis… éventuels) C’est humain et on la comprend.
Elle s’emploie donc avec ardeur à faire la promo de l’œuvre, ce qui est normal ; c’est son job.
Or donc, voilà-t-y pas qu’hier, Claude Bartolone s’est permis d’écrire à Manu-la-Mâchoire pour solliciter un entretien "afin d'échanger sur les dispositions déjà prises et celles qui pourraient utilement être amplifiées afin que ce moment exceptionnel ne vienne causer trop de désagréments dans le quotidien des Franciliennes et des Franciliens." Démarche fort légitime en sa qualité de Président de l’Assemblée Nationale soucieux des contrariétés induites que j’évoquais hier. Démarche d’autant plus pressante de la part du "parrain" du 9-3… candidat à la Présidence de la Région Île-de-France ce même mois de décembre…
Après tout, étant oh combien intéressé par la question, il est parfaitement légitime qu’il s’inquiète et il ne faisait que souhaiter "en savoir plus et discuter des mesures envisagées"…  

Aussi sec, notre Ségolène a réagi devant cette démarche :
"- Je trouve ça un peu dommage que le président de l'Assemblée nationale dénigre toutes les équipes qui travaillent vraiment depuis deux ans sur l'organisation de cette conférence. Il ferait mieux de trouver des solutions pour aider à la fluidité du trafic."
Et d’ajouter, agacée : "- Je pense que ce n'est pas à la hauteur du sujet."

Pourquoi s’étendre ici sur ce frémissement de houle dans un dé à coudre ?

Peut-être que le nom de Bartolone suscite toujours quelque crispation chez Sa Bravitude, laquelle n’aurait pas digéré qu’il occupe le Perchoir si juteux et confortable qu’elle lorgnait en 2012. Mais je veux (voudrais) croire qu’elle est au-dessus de ça…

Non. Je saisis cette micro-polémique car elle est exemplaire de ce mode de raisonnement et d’argumentation propre aux "de gauche", tous, qu’ils soient "de gouvernement", "d’extrême", "modérée", etc. : On évite le sujet, on retourne la question, on répond à côté, on accuse, on répond au réel par des principes, on fait la morale…
- Bartolone ne conteste pas ce moment exceptionnel, il se soucie de fluidité de la circulation. Et elle lui répond qu’il dénigre le travail des diplomates et scientifiques !
- Et ce n’est pas à la hauteur ! Traduisez : de minimis non curat praetor. Que ce type qui n’a qu’une licence de math et a percé en politique en labourant les marchés de Seine-St-Denis s’occupe de ses bouseux. Avec l’ENA, Terra Nova et le GIEC, au moins on prend de la hauteur !

On ne se refait pas. Il suffit d’une micro-contrariété pour que Ségolène Royale montre son vrai visage : l’arrogance et la certitude d’être LA morale qui est le propre de l’Orchestre rose (2° partie du billet)  


mardi 1 septembre 2015

Bordel grandiose et esprit de Charité…



Il y a exactement un mois aujourd’hui, je terminais mon billet en écrivant : "Je prends le pari que la réforme territoriale que l’on pensait emballée-pesée sera l’allume-feu d’un dernier trimestre de l’année. Et ce sera tellement bordélique que c’est là que les historiens placeront le Waterloo de la Hollandie…"

En attendant comme le Messie "l’alignement des planètes", scrutant le nez en l’air un ciel où rien ne luit, le Pédalonaute a-t-il percuté l’alignement des dates durant le temps de l’Avent (dont il n’a, perso, rien à foutre) ?

Résumons calendrier en main :
- Lundi 30 novembre : Ouverture solennelle de la Conférence mondiale sur le climat au Bourget.
- Dimanche 6 décembre : 1° tour des élections régionales.
- Vendredi 11 décembre : Grand raout de clôture de la Conférence célébrant ses avancées
- Dimanche 13 décembre : 2° tour des élections régionales.

Donc, les dix derniers jours - les plus tendus - de la campagne électorale coïncideront avec la conférence qui ne sera pas sans influence sur la vie quotidienne des Parisiens en particulier et des Franciliens en général…
Mais pourquoi donc ?

- D’abord, on se souvient ici que lors d’un sommet du G7 à Lyon, on avait abattu quelques arbres centenaires du parc de la Tête d’Or pour dégager la vue (et les angles de tir) afin que Clinton puisse faire son jogging matinal en toute tranquillité. Et je me souviens de la visite du président chinois à Lyon l’an dernier.
- Ensuite, je pense à toutes les sauteries spontanément organisées en tous lieux lors des G7ou8 et autres sommets par les petits canaillous des black block, "alternatifs", hystéro-écolos, gaucho-fachos et autres casseurs incendiaires masqués divers et variés… Faut pas s’attendre à ce que le Climat soit une divinité propre à calmer les ardeurs de tous ces Dark Vador…

Or, nous allons avoir la chance d’accueillir pendant dix jours, avec allers et venues quotidiennes entre l’Elysée, le Bourget et les divers cantonnements de ces messieurs-dames, les représentants de près de… 195 pays. En étant honorés de la présence de Barack Obama, de Xi Jinping, d’Angela Merkel et d’un tas d’autres ; sans compter une tripotée de rois nègres subsidiaires mais tous bénéficiant des mesures de sécurité dues aux chefs d’Etats…
Bref, il n’y a pas que les riverains du parc des expositions du Bourget qui vont être quelque peu dérangés dans leurs habitudes. Quand je repense aux mesures prises et au bordel vécu lors de la visite évoquée plus haut de Xi Jinping à Lyon, je vois d’ici le merdier planétaire :

Stations de métro fermées, kilomètres de bouchons pour permettre aux grands du monde de circuler, routes coupées pour assurer la sécurité de leurs déplacements bi-quotidiens entre le Bourget et leurs résidences, ambassades, hôtels, dispersés dans Paris et sa périphérie… Barrages, détournement de trafics, itinéraires de contournement surprise, zones interdites ; bouchons, retards et GPS d’aucun secours pour les commerciaux, chauffeurs-livreurs et autres professionnels pendant dix jours… Paralysie et inénarrable bordel à prévoir qui débordera autour et affectera l’ensemble de l’Île de France…
Et cela pendant 12 jours consécutifs.

Soyez bons. Vous qui, comme moi, vivez en province ; vous tous, hétéro-terroiristes casque-à-boulon, que vous soyez juifs bretons ou fâchos berrichons, vous le peuple, ne rigolez pas ! En ces jours de décembre, ayez une pensée compatissante pour les minettes du MJS comme pour les vieux pensionnés de mai 68 qui, en ces jours, distribueront des tracts pro-gouvernementaux sur les marchés de là-bas…

Merci pour eux.

lundi 31 août 2015

Prévention mortuaire…



La sécurisation maritime des transports migratoires est un succès dont nous pouvons être fiers !

Euh, non, je ne cause pas de la prévention routière. Mais les enseignements tirés des mesures prises dans ce domaine et de leurs médiocres résultats n’ont pas été inutiles : Continuer à limiter la vitesse de circulation ne sert à rien. Raison de plus à faire, dans ce cas-là, que continuer à garder le cap. Mairidalgo a même inventé la zone à 20 km/h car il y a encore des progrès à faire dans l’accompagnement. Pour les contributeurs à la TIPP c’est bien suffisant.

Mais dans le cas qui nous préoccupe, cépapareil. Il ne s’agit pas de déplorer une mortalité excessive de Français et de Fwançais sur nos routes, d’autant qu’il suffit alors d’en reporter la faute sur l’alcool et la vitesse, donc sur les acurabas eux-mêmes…
En revanche, les migrants réfugiés, eux, ne boivent pas d’alcool. Là, il s’agit bien de tendre vers le risque zéro pour ces pauvres gens dont nous avons tant besoin. C’est notre devoir d’état, c’est notre raison d’être. Rien ne doit pouvoir entraver, freiner, contrarier leur vitesse de circulation ! Et pour améliorer le rendement, il faut tendre à supprimer les pertes en ligne au cul du bateau !    

Quand la mortalité routière augmente, il suffit de le déplorer avec quelques moulinets de bras qui ne mangent pas de pain. Mais quand le cœlacanthe de Méditerranée risque l’indigestion de restes de Somaliens au large de Lampedusa, il faut s’en scandaliser et prendre toutes les mesures efficaces qui s’imposent. C’est fait.

Or donc, la prise de conscience citoyenne médiatique de la gravité du problème est survenue en mai dernier. Certes, l’arrivée par mer de ces braves gens avait déjà quasiment doublée d’une année à l’autre mais ne mélangez pas tout. Ce n’est là qu’une bestiale question d’accueil et d’hébergement. En revanche, le nombre de morts en mer (répertoriés…) des quatre premiers mois de l’année est passé de 96 en 2014 à 1770 en 2015 ! Toussa pourquoi ? A la faveur de deux naufrages, pas un de plus, ayant fait respectivement 800 et 400 noyés courant avril… 18 fois plus ! Sans ces deux-là, on aurait eu chiffre multiplié par 6 seulement et les média n’en auraient pas fait une si grosse pendule…
Du coup, toute l’Europe a mouillé la chemise pour que "plus jamais ça !"…
Et "les résultats sont là" (le Pédalonaute serait foutu de mettre ça à son actif ; on fait avec ce qu’on trouve) : de mai à mi-août, le nombre (répertorié) de morts en mer est passé d’une année à l’autre de  1985 à 603 ; divisé par trois pour une circulation qui a doublée ! On est sur la bonne voie…

C’est là qu’on voit que quand on veut on peut ! La multiplication et le pré positionnement à grand frais de nos navires de secours au plus proche des ports d’embarquement permettent de répondre à la demande dans les meilleures conditions.
On pourrait s’en inspirer pour la sécurité routière : Quand se décidera-t-on à positionner des taxis en bon état payés par le contribuable et des autobus de la gendarmerie (ils existent, voyez  rue de l’Evangile) aux portes de nos villes pour conduire les acurabas où ils veulent ? – Mais je raconte n’importe quoi…

Bref ; nous sommes sur la bonne voie et nous pouvons être fiers des résultats. Cependant, pour tendre vers le risque zéro, il nous faut aller plus loin : Demain, nous paierons les passeurs et les droits de port pour aller chercher ces malheureux directement à quai ; voire directement dans leurs douars d’origines. Pourquoi pas ?  Il y a encore des progrès à faire dans l’accompagnement…