"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 20 novembre 2014

J’y étais presque !



Le 4 juin 2012, je regardais la photo "officielle" du nouveau Président de la République Française ; celle offerte à notre dévotion, celle qui sert depuis à distraire les jeunes mariés de tous genres durant la barbante lecture des articles du Code Civil, ou à faire patienter les invités en visite protocolaire dans nos ambassades. Oui, c’est de celle-là que je parle.
Ce faisant, j’essayais de découvrir quel pouvait être le métier, le savoir-faire professionnel, voire la vocation profonde de ce type que l’on ne nous aurait jamais sorti du chapeau sans une contrariété inattendue quoique non improbable survenue l’année précédente outre-Atlantique et sans un forcing tous azimut où les fées Sofitel et Fouquet’s ont mouillé le chemisier main dans la main. Oui, parce que son CV, hein ? Je n’appelle pas ça un acquis professionnel   

Je m’interrogeais donc et, après d’autres hypothèses, ce 4juin de l’année où on a rallumé la lumière, je trouvais enfin quel était son job et j’écrivais ceci :

« - Un commercial des Pompes Funèbres Générales ? Oui, c’est ça ! "- Pour la toilette mortuaire, vous prendrez la prestation complète ?", "- Le capiton du cercueil, vous prenez le rose fuchsia ou vous préférez l’arc-en-ciel ? Le rose est seyant mais l’arc-en-ciel est plus à la mode…", "- Le crucifix est en supplément et, vous savez, ça se fait de moins en moins…", "- Vous auriez dû attendre l’an prochain ; la levée du corps sera avec TVA minorée si le défunt est partidans la dignité’…" »

Ben non. Ce n’était pas ça. Même sans avoir à traiter directement avec les bénéficiaires des prestations mais seulement avec la clientèle captive de leurs proches éplorés, la fonction commerciale au contact n’est pas de sa compétence. Vendeur c’est non. Incinérateur ? Embaumeur ? On aurait pu le croire deux ans durant. Mais même pas…

Il a fallu qu’il aille aux antipodes parler d’environnement pour que je réalise enfin quel est son métier ! Là-bas, loin des emmerdes d’ci, il a dû se sentir enfin un peu en vacances. Heureusement que le Figaro était là pour que je comprenne :
Il n’est que fossoyeur

Avouez quand-même que je n’en étais pas loin. J’avais trouvé la filière…

mercredi 19 novembre 2014

L’adjectif se suffit à lui-même…



Vous connaissez Alain Tourret ? Non ? C’est pas grave. Avocat, maire de Moult (1.900 habitants dans le Calvados ; j’ignore comment on les appelle), il aura 67 ans le jour de Noël (n’oubliez pas). Et il est député radical de gauche comme de juste… Le FOPOD l’a nominé pour le Bavoir du jour. Du jour seulement…

Porte-parole de son groupe à l’Assemblée, l’actualité récente lui a donné l’occasion de postillonner à la tribune sur cette "droite, revancharde par nature, réactionnaire par tempérament, aiguillonnée par des factieux, décidé de remettre en cause cette loi [Taubira sur le mariage zinzin] témoignant du progrès humain."… C’est vrai que pour trouver quelque chose à dire et occuper le temps de parole accordé au groupe rad-soc, ça demandait moins de préparation que de décortiquer le budget voté comme un seul homme au prix de trois portefeuilles ou d’interroger le ministre sur la livraison d’un bateau. Là, il suffisait d’enfiler des mots. Des mots, justement.
Dans sa péroraison, notre homme nous a rappelés comme une évidence que la Loi instituant le mariage pour tous avait rejoint les grandes lois fondatrices et essentielles. Et que, avec les lois accordant le droit de vote aux femmes, abolissant la peine de mort et légalisant l’interruption volontaire de grossesse, elle faisait désormais partie de notre patrimoine républicain.   

Evoquer et mettre en équivalence dans une même phrase que le refus de la mise à mort post-natale, la promotion de la mise à mort prénatale et la promotion de l’accouplement stérile du même au même sont des composantes essentielles de notre patrimoine républicain est un petit bijou qui mérite qu’on s’y arrête. Pour l’orateur, tout est dit. Le clou ainsi enfoncé est définitif et ne mérite aucun complément argumentaire. Pourquoi ? Parce que, et seulement parce que, le "patrimoine" dont il s’agit est qualifié de "républicain" !

Généraliser l’adjectivation des substantifs est une pathologie du langage qui permet de tordre le réel. Ainsi, le mot citoyen n’est guère plus utilisé que comme adjectif. Un citoyen, keksé ? Le définir nécessite d’entrer prosaïquement dans le réel. Le désigner par ce qu’il est nécessite de dire ce qu’il n’est pas, donc de discriminer, cépabien.
"Entreprise citoyenne", comportement "citoyen", "Mouvement Républicain et Citoyen", toussa fait florès. En revanche, le citoyen n’existe plus. Même le Ploukèm’ ne connait que les acurabas
L’adjectif citoyen, lui au moins, n’a pas besoin qu’on explique ce qu’il veut dire. C’est un qualificatif, il porte en lui-même son propre sens, indiscutable, indiscuté, postulatoire. Son origine étymologique provient d’un terme certes éminemment positif mais vieilli et désormais si peu usité qu’il importe peu qu’on s’attarde à en rechercher le contenu allant de soi  
Il en est de même pour l’adjectif "républicain". Il suffit à positiver sans contestation possible ce qu’il qualifie. Même et surtout quand le substantif qu’il rend digne de tous les honneurs citoyens est d’une vacuité sans nom. Utilisé en adjectif, "républicain" se révèle capable de rendre autonettoyante la plus sordide des auberges espagnoles comme la plus virtuelle et subventionnaire assoc’… L’exemple le plus courant est celui du Pacte républicain. Personne ne sait ce que ça veut dire mais nul ne saurait se dispenser de faire devant au moins une génuflexion de dévot pressé et nul n’oserait en ricaner sans être promis au bûcher pour avoir proféré le pire des blasphèmes.

Donc, nous avons un patrimoine républicain. Grâce à Alain Tourret, contre toute attente, nous avons la chance de savoir enfin de quoi ce truc est fait, quel liant en solidifie les inébranlables fondations; bref ce que sont ses racines chrétiennes républicaines. Le moins que je puisse dire c’est que ce patrimoine n'est pas le mien.    

lundi 17 novembre 2014

Et le sexe des pendules, bordel !



Dans la série "Recueil des conneries symptômes psychiatriques accessoires" observés chez les résidents de l’immense asile pour malades mentaux qu’on appelle communément l’OCDE je crois, je suis tombé par hasard sur une de ces petites éruptions de pustules d’un genre devenu si banal qu’on ne les remarque plus. Pourtant, les diafoirus qui soignent les pensionnaires internés d’office semblent y voir un complément thérapeutique d’un grand intérêt et souhaiteraient en inoculer le germe à tous et partout.

Résumons. A Dortmund (580.000 habitants) dans la Ruhr, les élus socialistes et écologistes (plus de 60% des sièges au Stadtrat du Landkreis) veulent que… 50% des feux tricolores de la ville représentent désormais des femmes. Bien sûr, comme nous sommes modernes la chose n’est pas nouvelle ; elle s’est déjà répandue, çà et là et jusqu’en Nouvelle Zélande, mais toujours de manière ponctuelle au gré des occasions. Bien sûr aussi, pour faire avaler budgétairement la chose, nos Schleuhs roses et verts-rouges-dedans tolèrent que les oculaires des feux ne soient féminisés qu’en cas de réparations de l’existant et pour les installations nouvelles. Mais la mise en place de pictogrammes femelles sera systématique jusqu’à l’obtention d’une parité parfaite 50/50 du parc installé. Il est certain qu’en cas de nombre impair on investira dans un feu superflu de plus pour faire le compte, un peu comme pour les ministres du gouvernement français. Ou alors on confectionnera peut-être spécialement un exemplaire unique d’un personnage trans, bi, asexué ou que sais-je. Sauf que j’attends de voir comment ils s’y prendraient pour représenter "ça"…  Déjà que le "symbole" féminin retenu – avec tresse et jupette – va en scandaliser plus d’un(e). C’est déjà fait.
Notez que pour contourner cette contrariété de l’éventuel nombre impair, les Schleuhs savent faire. Sur leurs anciens (et peut-être futurs) billets en Deutsch-Mark, ils avaient pris soin d’alterner des portraits de personnalités mâles et femelles. Sauf que… il y en avait un nombre impair. Sur la plus grosse coupure (pas la plus petite, faut pas déconner), ils avaient donc mis… deux mecs. En l’occurrence les frères Grimm des contes bien connus. C’est vrai qu’ils étaient célibataires sans enfant et vivaient ensemble. Je dis ça, je dis rien…

Mais je m’égare. Revenons aux feux tricolores.   

En ces temps de crise, de déflation aux portes, de réchauffement climatique de colonisation barbue  d’immigration de travail, de guerre froide c’est-la-faute-à-Poutine, d’Ebola et Sida, pour le maire de Dortmund, c’est là un sujet prioritaire trrrès important. Interrogé par la presse sur ce qu’en pensent ses administrés, à la question de savoir si ça ne l’inquiétait pas, ce brave maire socialo a répondu "Bien sûr je suis inquiet" mais en ajoutant en substance à peu près ceci : "Ils ne se soucient de rien. Mais moi je me soucie pour eux tous, pour le bien de la communauté…" Tout est dit ; il est bien socialo. Ça rassure.

Dans la même série des pathologies mentales, pas au chapitre "Horizontalité du Fléau (de la balance)" mais plutôt dans celui "Pudibonderie préparatoire à la colonisation coranique", je relève aussi une autre éruption cutanée ; en Suède cette fois-ci : Je vous laisse aller la découvrir ici 

samedi 15 novembre 2014

Sonate bovine d’automne.



Ça y est ! Trois flocons de neige durant trois minutes et c’est reparti : Il tombe de la flotte comme vache qui pisse depuis vingt-quatre heures… Cela fait dix-sept jours que j’ai regagné mon douar d’élection et j’avais prévu d’en repartir demain. C’était mon programme et après le courrier ne suit plus. Eh bien zut, il attendra. La barbe aussi ; j’ai oublié de la tailler avant de partir ; elle en avait déjà besoin et j’ai laissé la tondeuse à Lyon… Je commence à ressembler à Hubert Reeves mais tant pis, je vais rester encore huit jours ici. Ça ne me laissera que deux semaines au lieu de trois pour traiter tout le fourbi qui m’attend dans les villes de grande solitude avant de revenir, impérativement, préparer l’accueil du clan avec ses charrois chargés de mômes, de bagages et de cadeaux… Je ferais avec. J’aime bien novembre ici.

Bien sûr, il y a les contrariétés de saison :
- Les après-midi sont vachement raccourcies alors qu’on en avait perdu l’habitude depuis le printemps. Et ce n’est pas comme en centre-ville où l’on ne remarque même plus les réverbères et où la nuit est comme le jour jusqu’à une heure du mat’ (mais où le jour est un peu comme la nuit jusqu’à 10h du mat’ quand les magasins ouvrent…) C’est d’autant plus voyant ici que presque tous les volets sont fermés à 1 km à la ronde. Mais ça, ce n’est pas une contrariété et (certains) voisins ne sont pas là pour me pomper l’air…
- Il y a aussi la contrariété des feuilles mortes qui se ramassent à la pelle. Mes coronaires m’enjoignant de laisser ça à des mercenaires, le challenge consiste à faire faire ça le plus tard possible. Mais le risque est de se laisser piéger par la chute prématurée de la première neige permanente. Ça m’est déjà arrivé et c’est la cata : l’épais tapis de feuilles mortes qui pourrit alors tout l’hiver sous la neige constitue après la fonte une croute empêchant la repousse de l’herbe (je n’ose pas dire de la pelouse), croute que seuls percent les taupinières au réveil des campagnols. A propos de ces bestioles, il y a par ici un proverbe (récent) qui dit :
"- Mieux vaut avoir des mulots dans son jardin qu’un Hollandais comme voisin" Moi j’ai les deux…
Cette arrivée prématurée de la neige est d’ailleurs aussi un peu la cata pour les gens du pays. Si les bêtes ont déjà été démontagnées, en revanche la neige trop précoce sur un sol non encore refroidi en profondeur annonce bien souvent une fonte de printemps par en-dessous qui raccourcit la saison rentable de l’or blanc… Ça ne paraît pas parti pour être le cas cette année. Mais mes feuilles ne sont toujours pas ramassées…  

L’autre jour, mes voisines du champ d’en-dessous, fort sympathiques et m’offrant gratos la sono de leurs sonnailles, ont trouvé l’herbe d’à côté plus attrayante que celle de la mère P. Et je soupçonne l’alimentation électrique du fil de clôture d’avoir été leur complice. Bref, sentant brusquement la sono plus proche et levant alors la tête de l’ordi, j’ai vu quelques-uns de ses braves gens s’apprêter à descendre le talus pour entrer sur mes terres ; avec toutes les perspectives de labourage et mise en… fumure que ça suggère… Je me suis donc précipité avant qu’elles ne descendent, vu que leur faire remonter le talus n’aurait pas été une mince affaire… Bref, j’avoue sans gêne ni vergogne devant les Vallaud-Belkacem et Cie que j’ai cassé ce jour-là un manche à balai sur la croupe d’une demoiselle…
C’était des gens à l’embouche qui sont à Léon : une petite trentaine de génisses et une demi-douzaine de veaux. Ces braves gens ont fini par répondre aux sollicitations de Léon accouru avec les siens, les considérant sans doute bovinement comme du personnel domestique à leur service… Le truc utilisé pour faire revenir ces gens sur leur parcelle à l’insu de leur plein gré m’était encore inconnu : Ils sont friands de baguettes de pain invendues… Oui, ce fut un spectacle réjouissant de voir un ruminant se dépatouillant d’une baguette parisienne en guise de gros cigare dans la gueule… La demande était si pressante autour du serveur distribuant la manne qu’on se serait cru dans le métro à l’heure de pointe. Pareil : Profitant de la presse, un veau sans doute un peu précoce a tenté mine de rien par deux fois de grimper l’une ou l’autre des génisses. S’étant fait envoyer foutre (encore que le terme soit mal choisi) et, sans doute influencé par la mode, il fit ensuite en désespoir de cause une ultime tentative avortée avec un de ses collègues masculins. Comme quoi, chez le naturel, cela reste une option subsidiaire de dernier recours. Mais l’espèce humaine est-elle encore naturelle ?  Bon, je m’égare…     

Bon, il fait nuit et ça tourne à l’éclaircie. Et il faut vraiment que je commence à réfléchir aux 22 cadeaux de Noël que je vais faire. Je vais commencer par me faire un tableau Excel des bénéficiaires… avec les cases à remplir. Ce sera déjà ça…

Passez un bon dimanche.