"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 25 novembre 2014

De Florange et de la Roche de Solutré…



Chacun à sa manière, il est fréquent que des individus à peu près normalement câblés au montage d’origine se dotent de petites "traditions" personnelles qu’ils s’imposent à eux-mêmes de respecter chaque année. Cébien.  

C’est ainsi que, jusqu’à ce que la maladie l’en empêche, le Mythe-Errant gravissait chaque année la Roche de Solutré le dimanche de Pentecôte. La première fois c’était à la Libération (oui, celle à qui on met une majuscule) et il n’a jamais raté d’y retourner chaque année, y compris entre deux saute-mouton boulevard de l’Observatoire et comme ministre de l’intérieur de la IV°. Devenu Président de la République, la chose a même été élevée par ses groupies au rang de rituel républicain où, chaque année, des grappes de fidèles du culte se pressaient pour toucher son vêtement comme la femme aux flux toucha ceux du Christ… Même Pierre Berger et Jack Lang faisaient comme elle bien que, en ce qui les concerne, des doutes subsistent quant à la nature de leurs menstruations permanentes.

Ce qu’on en retiendra, ce n’est évidemment pas qu’Arnaud Montebourg a tenté sans succès de relancer le dit pèlerinage à son profit mais que, en ces temps reculés, un Président de notre estimée gueuse ait pu  réitérer son vœux chaque année avec sa canne, son chien et ses enfants en étant entouré d’un nombre chaque fois croissant de croyants-pratiquants. Et cela même au bout de dix, onze, douze et treize années consécutives de mandat…

Aujourd’hui, le Pwésident que la Sainte Providence nous a alloué par bonté d’âme s’est inventé lui aussi sa petite tradition perso : Il s’est engagé à retourner à Florange chaque année…
Sans doute dans l’émotion d’un moment (merci pour lui) où, pour quelques semaines encore, l’anaphore était reine et les soixante propositions le nouveau décalogue dans l’éternel futur, il avait pris cet engagement et l’avait annoncé urbi et orbi. Et comme tout arrive, il s’y tient.    

Ce qu’on en retiendra en premier, c’est que pour sacrifier au rite de ce pèlerinage à obsolescence programmée, le Pwésident pédalonautique veille chaque fois à en simplifier de plus en plus le rite. Sans doute est-ce par souci d’insister sur la normalitude de sa fonction, on se raccroche à ce qu’on peut… C’est ainsi qu’il ne grimpe plus sur un fourgon pour haranguer la foule comme lors de la première édition. Il ne s’affuble plus non plus comme lors de la seconde des désormais inutiles veste orange et casque de chantier ; ce n’est plus Carnaval. Enfin, pour cette troisième édition, son arrivée en cortège a été marquée d’une discrétion de bon aloi : Vite-fait par la porte des livraisons et de sortie des poubelles. Sans doute faut-il voir là une volonté de contribuer personnellement au choc de simplification dont vous avez peut-être entendu parler…

Mais s’il ne grimpe plus, il se cramponne et c’est tout à son honneur. Et se cramponner à ce rite annuel un peu trop imprudemment institué, ce n’est pas facile  

En sacrifiant à une tradition strictement personnelle, le Mythe-Errant, lui, n’avait pris aucun engagement vis-à-vis de personne d’autre que lui. Arrivé sur la plus haute marche, en bon florentin, il savait tirer de cette tradition divers produits dérivés : Le sentiment de permanence, de constance, de pérennité, de stabilité dans l’Histoire qui se dégageaient du vieux sage sur la montagne… Ça ne mangeait pas de pain et c’était toujours ça de pris…

Croyant singer le vieux, ayant toujours été velléitaire, inconstant avec les femmes et emporté comme tant d’autres par la conviction d’être le seul présent dont le futur a droit, le Pédalonaute, lui, qu’allait-il faire pour instituer son petit pélé à la con ? Il a promis de revenir… C’est à ce genre de détail qu’on mesure l’amélioration de la force d’âme de nos présidents depuis trente ans. On n’arrête pas le progrès.

Et notre Pédalonaute ne peut pas revenir à Florange, son Valmy, son Austerlitz (et son Douaumont) à lui sans apporter de petits cadeaux. Ou du moins des annonces de cadeaux (ce n’est pas grave, c’est l’Etat qui paie…) Annoncer, il sait faire.
Donc, en septembre 2013, il est revenu à Florange pour annoncer la création d’un Institut de la métallurgie sur place.
Et en novembre 2014 qu’allait-il dire pour justifier son déplacement ? Ben, qu’il est vient voir ce futur Institut de la métallurgie, "plateforme publique de recherche et de développement industriel" qui devrait ouvrir fin 2015. Et comme il faut bien accompagner ça d’une annonce, il a annoncé que l’Etat devrait apporter au projet 50 millions d'euros et non 20 millions comme prévu l’an dernier...

Bon. De toutes façons, il lui faut encore venir deux fois à Florange ; encore que…   





samedi 22 novembre 2014

Carnet Mondain (communiqué)



J’envisageais ce matin de faire un court billet sur le remplacement - entre la poire et dans le fromage – de M. Kadef à Rire par M. Jean-Marc Todeschini dans le staff que vous savez. Me souvenant des efforts de promotion déployés et des louanges exprimées par l’ensemble des critiques de théâtres lors de la présentation sur l’estrade du premier casting (version 2012.0), je trouve en effet que c’est mocheté d’avoir fait rentrer M. Todeschini en toute discrétion par la porte de service. Il méritait mieux.
Certes, il ne présente a priori aucune des exceptionnelles qualités qui faisaient le charme des vedettes de music-hall comme Cécile, Najat, Aurélie, Arnaud ou Delphine ; voire même d’un chirurgien en implants capillaires ou de bien d’autres petits marquis comme Benoît, persuadés d’être le seul passé auquel le futur a droit
Ce Jean-Marc-là a donc été distingué pour faire le job, vite-fait, presque en loucedé. Or, personne n’a relevé à quel point ce choix nous montre que le changement c’est maintenant comme avant, que donc c’est permanent et que ça au moins c’est rassurant. Et surtout moins fatiguant : On est allé chercher l’ancien chef de cabinet du gars qui faisait déjà le job sous Jospin, autant dire avant le déluge. Heureusement qu’on avait encore ça en stock. Kader ayant démissionné faute-à-pas-de-chance pour des raisons personnelles sur lesquels on ne s’étendra pas, nous avons donc auprès du ministre de la Défense un Secrétaire d’État tout neuf chargé des Anciens combattants et… de la Mémoire… Cébien.

A propos d’anciens combattants et de mémoire, justement, j’en profite pour relayer une nouvelleadresse dont je ne sais pas encore si elle va (ré)intégrer ma colonne de droite (forcément de droite) C’est "à voir marcher" comme je disais souvent dans une autre vie (professionnelle) Je le souhaite.

Nombre d’entre vous se souviennent d’ILYS, blog collectif brusquement disparu des écrans radar. Son ancienne adresse ne renvoie plus, aujourd’hui encore, qu’à des liens par lesquels son ancien serveur vous dirige prioritairement vers des sites de rencontres (femmes mariées, cougar et autres plans culs), du tourisme en Israël ou… l’achat de devises. 
Eh bien non. ILYS ne serait pas mort. Nombre d’insupportables susceptibles y contribuaient ; lesquels restent à la manœuvre sur ce pédalo cette corvette de flibustiers ? Je ne sais. A voir marcher  

jeudi 20 novembre 2014

J’y étais presque !



Le 4 juin 2012, je regardais la photo "officielle" du nouveau Président de la République Française ; celle offerte à notre dévotion, celle qui sert depuis à distraire les jeunes mariés de tous genres durant la barbante lecture des articles du Code Civil, ou à faire patienter les invités en visite protocolaire dans nos ambassades. Oui, c’est de celle-là que je parle.
Ce faisant, j’essayais de découvrir quel pouvait être le métier, le savoir-faire professionnel, voire la vocation profonde de ce type que l’on ne nous aurait jamais sorti du chapeau sans une contrariété inattendue quoique non improbable survenue l’année précédente outre-Atlantique et sans un forcing tous azimut où les fées Sofitel et Fouquet’s ont mouillé le chemisier main dans la main. Oui, parce que son CV, hein ? Je n’appelle pas ça un acquis professionnel   

Je m’interrogeais donc et, après d’autres hypothèses, ce 4juin de l’année où on a rallumé la lumière, je trouvais enfin quel était son job et j’écrivais ceci :

« - Un commercial des Pompes Funèbres Générales ? Oui, c’est ça ! "- Pour la toilette mortuaire, vous prendrez la prestation complète ?", "- Le capiton du cercueil, vous prenez le rose fuchsia ou vous préférez l’arc-en-ciel ? Le rose est seyant mais l’arc-en-ciel est plus à la mode…", "- Le crucifix est en supplément et, vous savez, ça se fait de moins en moins…", "- Vous auriez dû attendre l’an prochain ; la levée du corps sera avec TVA minorée si le défunt est partidans la dignité’…" »

Ben non. Ce n’était pas ça. Même sans avoir à traiter directement avec les bénéficiaires des prestations mais seulement avec la clientèle captive de leurs proches éplorés, la fonction commerciale au contact n’est pas de sa compétence. Vendeur c’est non. Incinérateur ? Embaumeur ? On aurait pu le croire deux ans durant. Mais même pas…

Il a fallu qu’il aille aux antipodes parler d’environnement pour que je réalise enfin quel est son métier ! Là-bas, loin des emmerdes d’ci, il a dû se sentir enfin un peu en vacances. Heureusement que le Figaro était là pour que je comprenne :
Il n’est que fossoyeur

Avouez quand-même que je n’en étais pas loin. J’avais trouvé la filière…

mercredi 19 novembre 2014

L’adjectif se suffit à lui-même…



Vous connaissez Alain Tourret ? Non ? C’est pas grave. Avocat, maire de Moult (1.900 habitants dans le Calvados ; j’ignore comment on les appelle), il aura 67 ans le jour de Noël (n’oubliez pas). Et il est député radical de gauche comme de juste… Le FOPOD l’a nominé pour le Bavoir du jour. Du jour seulement…

Porte-parole de son groupe à l’Assemblée, l’actualité récente lui a donné l’occasion de postillonner à la tribune sur cette "droite, revancharde par nature, réactionnaire par tempérament, aiguillonnée par des factieux, décidé de remettre en cause cette loi [Taubira sur le mariage zinzin] témoignant du progrès humain."… C’est vrai que pour trouver quelque chose à dire et occuper le temps de parole accordé au groupe rad-soc, ça demandait moins de préparation que de décortiquer le budget voté comme un seul homme au prix de trois portefeuilles ou d’interroger le ministre sur la livraison d’un bateau. Là, il suffisait d’enfiler des mots. Des mots, justement.
Dans sa péroraison, notre homme nous a rappelés comme une évidence que la Loi instituant le mariage pour tous avait rejoint les grandes lois fondatrices et essentielles. Et que, avec les lois accordant le droit de vote aux femmes, abolissant la peine de mort et légalisant l’interruption volontaire de grossesse, elle faisait désormais partie de notre patrimoine républicain.   

Evoquer et mettre en équivalence dans une même phrase que le refus de la mise à mort post-natale, la promotion de la mise à mort prénatale et la promotion de l’accouplement stérile du même au même sont des composantes essentielles de notre patrimoine républicain est un petit bijou qui mérite qu’on s’y arrête. Pour l’orateur, tout est dit. Le clou ainsi enfoncé est définitif et ne mérite aucun complément argumentaire. Pourquoi ? Parce que, et seulement parce que, le "patrimoine" dont il s’agit est qualifié de "républicain" !

Généraliser l’adjectivation des substantifs est une pathologie du langage qui permet de tordre le réel. Ainsi, le mot citoyen n’est guère plus utilisé que comme adjectif. Un citoyen, keksé ? Le définir nécessite d’entrer prosaïquement dans le réel. Le désigner par ce qu’il est nécessite de dire ce qu’il n’est pas, donc de discriminer, cépabien.
"Entreprise citoyenne", comportement "citoyen", "Mouvement Républicain et Citoyen", toussa fait florès. En revanche, le citoyen n’existe plus. Même le Ploukèm’ ne connait que les acurabas
L’adjectif citoyen, lui au moins, n’a pas besoin qu’on explique ce qu’il veut dire. C’est un qualificatif, il porte en lui-même son propre sens, indiscutable, indiscuté, postulatoire. Son origine étymologique provient d’un terme certes éminemment positif mais vieilli et désormais si peu usité qu’il importe peu qu’on s’attarde à en rechercher le contenu allant de soi  
Il en est de même pour l’adjectif "républicain". Il suffit à positiver sans contestation possible ce qu’il qualifie. Même et surtout quand le substantif qu’il rend digne de tous les honneurs citoyens est d’une vacuité sans nom. Utilisé en adjectif, "républicain" se révèle capable de rendre autonettoyante la plus sordide des auberges espagnoles comme la plus virtuelle et subventionnaire assoc’… L’exemple le plus courant est celui du Pacte républicain. Personne ne sait ce que ça veut dire mais nul ne saurait se dispenser de faire devant au moins une génuflexion de dévot pressé et nul n’oserait en ricaner sans être promis au bûcher pour avoir proféré le pire des blasphèmes.

Donc, nous avons un patrimoine républicain. Grâce à Alain Tourret, contre toute attente, nous avons la chance de savoir enfin de quoi ce truc est fait, quel liant en solidifie les inébranlables fondations; bref ce que sont ses racines chrétiennes républicaines. Le moins que je puisse dire c’est que ce patrimoine n'est pas le mien.    

lundi 17 novembre 2014

Et le sexe des pendules, bordel !



Dans la série "Recueil des conneries symptômes psychiatriques accessoires" observés chez les résidents de l’immense asile pour malades mentaux qu’on appelle communément l’OCDE je crois, je suis tombé par hasard sur une de ces petites éruptions de pustules d’un genre devenu si banal qu’on ne les remarque plus. Pourtant, les diafoirus qui soignent les pensionnaires internés d’office semblent y voir un complément thérapeutique d’un grand intérêt et souhaiteraient en inoculer le germe à tous et partout.

Résumons. A Dortmund (580.000 habitants) dans la Ruhr, les élus socialistes et écologistes (plus de 60% des sièges au Stadtrat du Landkreis) veulent que… 50% des feux tricolores de la ville représentent désormais des femmes. Bien sûr, comme nous sommes modernes la chose n’est pas nouvelle ; elle s’est déjà répandue, çà et là et jusqu’en Nouvelle Zélande, mais toujours de manière ponctuelle au gré des occasions. Bien sûr aussi, pour faire avaler budgétairement la chose, nos Schleuhs roses et verts-rouges-dedans tolèrent que les oculaires des feux ne soient féminisés qu’en cas de réparations de l’existant et pour les installations nouvelles. Mais la mise en place de pictogrammes femelles sera systématique jusqu’à l’obtention d’une parité parfaite 50/50 du parc installé. Il est certain qu’en cas de nombre impair on investira dans un feu superflu de plus pour faire le compte, un peu comme pour les ministres du gouvernement français. Ou alors on confectionnera peut-être spécialement un exemplaire unique d’un personnage trans, bi, asexué ou que sais-je. Sauf que j’attends de voir comment ils s’y prendraient pour représenter "ça"…  Déjà que le "symbole" féminin retenu – avec tresse et jupette – va en scandaliser plus d’un(e). C’est déjà fait.
Notez que pour contourner cette contrariété de l’éventuel nombre impair, les Schleuhs savent faire. Sur leurs anciens (et peut-être futurs) billets en Deutsch-Mark, ils avaient pris soin d’alterner des portraits de personnalités mâles et femelles. Sauf que… il y en avait un nombre impair. Sur la plus grosse coupure (pas la plus petite, faut pas déconner), ils avaient donc mis… deux mecs. En l’occurrence les frères Grimm des contes bien connus. C’est vrai qu’ils étaient célibataires sans enfant et vivaient ensemble. Je dis ça, je dis rien…

Mais je m’égare. Revenons aux feux tricolores.   

En ces temps de crise, de déflation aux portes, de réchauffement climatique de colonisation barbue  d’immigration de travail, de guerre froide c’est-la-faute-à-Poutine, d’Ebola et Sida, pour le maire de Dortmund, c’est là un sujet prioritaire trrrès important. Interrogé par la presse sur ce qu’en pensent ses administrés, à la question de savoir si ça ne l’inquiétait pas, ce brave maire socialo a répondu "Bien sûr je suis inquiet" mais en ajoutant en substance à peu près ceci : "Ils ne se soucient de rien. Mais moi je me soucie pour eux tous, pour le bien de la communauté…" Tout est dit ; il est bien socialo. Ça rassure.

Dans la même série des pathologies mentales, pas au chapitre "Horizontalité du Fléau (de la balance)" mais plutôt dans celui "Pudibonderie préparatoire à la colonisation coranique", je relève aussi une autre éruption cutanée ; en Suède cette fois-ci : Je vous laisse aller la découvrir ici