"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 22 septembre 2017

Psychédélisation…



Je n’en veux pas aux guignols de l’agence de com’ qui ont pondu cette affiche. Ils n’ont fait que répondre à la demande du client qui n’est généralement pas trop regardant sur les juteuses factures de ce genre de fournisseurs. D’autant moins regardant, je suppose, puisque c’est le Parisien qui paie*. Mais là n’est pas le sujet.

Je ne sais qui a validé le choix de l’affiche proposée par ces frétillants jeunes gens. Que ce soit Charlotte Laubard, "responsable du département des arts visuels à la Haute école d’art et de design de Genève" choisie cette année pour manager le truc, Bruno Julliard ou Mère Idalgo soi-même, je ne suis pas surpris. Nous savons depuis longtemps que tout ce petit monde a renoncé à carburer au LSD passé de mode, mais qu’on ne se refait pas et que ça fume plus que la moquette, au propre et/ou au figuré.

Quoi qu’il en soit, que c’est beau ! Pour le graphisme, on ne s’est pas foulé. Je suis sûr que ça t’interpelle au niveau du vécu, tu vois : C’est la nuit, hein. La ligne rose du soleil qui va se lever à l’est, hein, quelle trouvaille ! On retrouve le néon de la brasserie ou de la boîte de nuit que tu distingues vaguement dans la brume alcoolisée de ta dernière conso… Et à part ça, un grand aplat dégradé bleu de nuit, un grand vide, donc, exprime à merveille, n’en doutons pas, le thème retenu cette année : "Faire œuvre commune".
En précisant, des fois qu’on ait pas compris, qu’il s’agit de :
"célébrer le collectif en ces temps de repli sur soi et de crispation identitaire".

Le présumé grand effort intellectuel et cérébral fourni au terme d’un épuisant brainstorming pour frapper les esprits, retenir le chaland, appâter le prospect, enchanter le commanditaire, toussa, c’est évidemment le texte de l’annonce. Là non plus aucune surprise. Dyslexie et Psychédélisme sont des valeurs citoyennes et culturelles communes aux célébrations votives si nécessaires an divertissement de l’homofestivus boboïde. Et il n’y a que lui qui compte, n’est-ce pas ?

* (budget prévisionnel de la Nuit Blanche : 1,6 M€ de la Ville + 1 M€ attendu des sponsors)

mardi 19 septembre 2017

Dites bonjour au futur...



« Y aura-t-il assez d’iPhone X pour Noël ? ». C’est la question que se posent très doctement de nombreux médias depuis la divulgation de retards dans la commercialisation du dernier avatar d’un jouet qui fête cette année son dixième anniversaire.
Pis, au rythme où la marque à la pomme fabrique l’iPhone X, de nombreux consommateurs pourraient passer les fêtes sans pouvoir pianoter sur le smartphone dont ils se languiront à la manière de Vladimir et d’Estragon attendant Godot – avec le pseudonyme de Godot, Samuel Becket se référait sans doute à Dieu (God-ot), donnant à sa pièce une dimension métaphysique.
Il y a moins d’une génération, nos parents regardaient, tantôt attendris, tantôt amusés, des Bochimans s’entre-déchirer à propos d’une bouteille de Coca-Cola tombée du ciel – un cadeau de Dieu sans doute – dans Les dieux sont tombés sur la tête. Nous en sommes arrivés là aujourd’hui.
Notre époque, qui a tué son Dieu, n’a eu de cesse d’enlacer les religions et figures religieuses d’ailleurs (islam, dalaï-lama…), et de se créer, parallèlement, un nouveau polythéisme, au sein duquel Steve Jobs trône tel Zeus, entouré de Neymar, Michaël Jackson (l’homme ni blanc, ni noir), ou Obama… »
Gregory Vanden Bruel*
* son billet chez Boulevard Voltaire

samedi 16 septembre 2017

Un week-end à ne pas rater !



C’est que nous avons ce week-end une conjonction de planètes qui mérite d’être soulignée : Nous avons "en même temps"™ les Journées du Patrimoine et la Fête de l’Huma ! Et là, voyez-vous, il y a tout un symbole qui doit vous interpeller au niveau du vécu !

D’abord, si elles ont beau être devenues européennes, les journées du Patrimoine restent des évènements bien-de-chez-nous. Oui Madame, oui Monsieur. En effet, aller fréquenter les monuments et musées ouverts à tous ces jours-là est une des rares occasions qui nous est encore donnée dans les villes de se croire en France au milieu de nos semblables ; j’ai déjà évoqué ça ici.

Ce que je viens d’écrire, entendons-nous bien, n’est certes vrai que pour les vieilles pierres Pas pour la foultitude d’évènements, spectacles soi-disant vivants et autres installations ou performances proposés aux chalands dans un souci suivez-mon-regard…

Les vieilles pierres, donc, et les nostalgies qui sont aussi constitutives de notre patrimoine mémoriel.

A cet égard, je ne sais si nous avons encore cette année la chance de pouvoir aller visiter ce haut lieu de l’Histoire de France qu’est le Temple de l’obsolescence ouvrière. Si c’est le cas, dépêchez-vous d’y aller, il vieillit mal…

Quoi qu’il en soit, il nous reste la fête de l’Huma. Ne mégotons pas :  la fête de l’Huma est un élément vivant essentiel de notre patrimoine, j’en veux pour preuve qu’elle est sponsorisée par radio france en général, france culture et france bleue en particulier (f minuscule dans les logos, svp) et nul ne saurait contester la légitimité de cette aumône d’argent public octroyé à cette vénérable institution nationale.

Je me souviens être allé à son édition de 2012 et avoir alors éprouvé une compassion toute chrétienne pour ses affidés, tous ces fossiles et les marteaux qui me sont chers, étant mes concitoyens. Je vous en avais parlé  Bien sûr, pour "faire le chiffre" et tenter de réduire le déficit annuel abyssal de leur feuille de choux qui perd 50 cts malgré 63 cts de subventions publiques par numéro vendu 2 €, le fête tourne au barnum de festival musical euh… varié.  Au demeurant, on sent bien d’année en année que ça tourne à la patine moussue des vieilles pierres qui nécessitent l’aide des Monuments historiques pour continuer à tenir debout pour servir à l’éducation des jeunes générations.
Pour l’édition de cette année, Polnareff, conscient de ses 73 balais, a raccroché les gants… A la place, outre le chanteur Renaud qui peut encore remplir la salle de seniors à 65 ans, on a en tête d’affiche cet après-midi le retour du monstre sacré du punk, Iggy Pop qui, pour ses 70 ans, peut encore palper un cachet à la fête de l’Huma avant d’aller faire swinguer dans les fêtes de Noël des maisons de retraite…

Faites un effort, allez-y pour contribuer à la pérennité de notre patrimoine…