"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 25 avril 2015

Le roman national, l’impératif d’audience et les clowns…



Figurez-vous que notre Najat, ministre de l’Education Nationale par la grâce de sa féminité diversifiée islamo-compatible quoique pasionaria du genre et à sa dentition convenablement dimensionnée ; notre Najat, donc, était au moins jeudi et hier en visite officielle es qualité au… Chili. Ne me demandez pas pourquoi. L’étude du système éducatif chilien pourrait en être la raison, ce qui justifierait la dépense de kérosène au vu de l’état du notre. A moins que ce ne soit qu’une visite de courtoisie à Michelle Bachelet, socialiste encensée sous nos latitudes, d’autant qu’icelle fut Secrétaire générale adjointe de l’ONU chargée de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes (poste créé pour elle) avant d’accéder à la présidence du pays ; chose de nature à créer des liens entre les deux dames…

Quoi qu’il en soit, notre chère Najat a jugé nécessaire d’envoyer de là-bas un communiqué pour répondre à ce qu’elle a qualifié de "présentations volontairement polémiques qui ne visent qu'à politiser un enjeu essentiel, celui de la transmission de notre histoire commune et du récit national, qui exige que le consensus le plus large soit recherché".

N’ayant pas suivi le film, je me suis un peu rencardé sur ce dont il s’agissait : Les projets de programmes scolaires du primaire et du collège devant entrer en vigueur à la rentrée de septembre 2016 ont été publiés il y a dix jours par le Conseil Supérieur des Programmes, une instance "indépendante" créée en 2013. Après un petit mois de "consultation des enseignants" qui démarrera début mai, la ministre "saisira" le CSP "pour qu'il fasse évoluer ses projets initiaux, tant sur la forme pour veiller à leur clarté et à leur visibilité que sur le fond là où c'est nécessaire"… Bon. 

- En ce qui concerne l’Histoire, notamment, "l'enseignement laïque des faits religieux sera renforcé dans les nouveaux programmes", ce qui implique évidemment de faire des choix "puisqu'il est impossible, au regard du temps disponible, de prétendre proposer le récit continu de l'évolution historique". Assurément, il ne saurait être question de raboter le temps consacré à l’Empire du Monomotapa… Il y a donc des modules obligatoires accompagnés de sous-thèmes laissés au choix de l’enseignant qui ne manquera pas de tenir compte de leurs potentiels d’intérêt pour retenir l’attention de sa classe…
Ainsi, en cinquième, par exemple, le thème obligatoire "Société, Église, et pouvoir politique dans l'Occident chrétien XI°-XV° siècles" comportera obligatoirement un chapitre sur "la construction du Royaume de France et l'affirmation du pouvoir royal du X° au XV° siècle" et, au choix, un seul des sous-chapitres "une société rurale encadrée par l'Église" ou "essor des villes et éducation". Dans la partie obligatoire, entre "enseignement laïque" des faits et "impératif d’audience" auprès d’une population d’élèves riche de sa diversité, non seulement une édulcoration, voire un effacement, de l’apport de la chrétienté dans le "roman national" rendra celui-ci assez baroque, mais traiter de la construction du Royaume de France sans évoquer la dimension sacrée du pouvoir le rendra complètement incompréhensible pour un esprit normalement câblé (à croire que c’est le but recherché). Quant au choix en option, entre "une société rurale encadrée par l'Église" ou "essor des villes et éducation", devinez lequel sera choisi…

- Et puis il y a les clowns. Mais rien que des clowns blancs, pas d’Augustes. On les appelle des "pédagogistes" qui doivent faire sérieux. Comme les médecins de Molière, ils ne peuvent démontrer leur expertise qu’en psychédélisant leur vocabulaire pour faire admettre qu’ils ont réinventé l’eau chaude.
Ainsi, l’histoire-géo évoquée plus haut s’enseigne et s’acquiert en "produisant des messages à l’oral et à l’écrit" (Page 5 du cycle 4) et l’objectif des cours de "langues étrangères et régionales" est "d’aller de soi et de l’ici vers l’autre et l’ailleurs" (Pages 17 du cycle 4)…
Evidemment, les matières académiques ne sauraient être les seules à profiter de ces novations indispensables au renouvellement de l’espèce citoyenne. C’est ainsi que les collégiens seront invités à "se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé" afin de "traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête." Le ministre Ferry (Jules, pas l’autre) se serait contenté de dire "nager dans une piscine"… Mais c’était avant
Il n’y a pas d’Augustes, disais-je, car on n’imagine pas un Falstaff mal fagoté au nez rouge se roulant pas terre d’un rire gargantuesque à l’écoute d’un pédagogiste, clown blanc à la triste figure : Ce serait un truc à dégonfler le mammouth comme personne n’a jamais pu le faire. Défense de rire, donc, d’autant que les nouveaux programmes sont qualifiés noir sur blanc par le CSP de "plus simples et plus lisibles"    

Mais Najat était au Chili ; et c’est l’automne là-bas. 


jeudi 23 avril 2015

Convenances et Valls avec les mots…



Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, comme disait l’autre…

Ouais… Ça c’est ce qu’on pouvait lire autrefois sur les pages jaunies de vieux bouquins qui s’empoussièrent sur les plus hautes étagères des bibliothèques.
Aujourd’hui, nul besoin de s’y reporter pour être présumé journaliste. D’ailleurs, seuls les auteurs de crimes et délits (et encore pas tous) ont droit à ce préfixe qualificatif. Nul besoin non plus de manuel de savoir-vivre ou de leçon de maintien pour savoir qu’il y a des mots qui ne se disent ni ne s’écrivent. Il sont de deux sortes :
- Ceux que l’on ne saurait prononcer sans trembler tant il faut être attentif à la manière de les introduire dans sa phrase. Quelle que soit la bonne volonté du locuteur, en effet, le sens qu’il n’aura pas forcément voulu leur donner risque à tout moment d’être interprété de manière insuffisamment positive par le premier quidam venu, fut-il seul à s’en offusquer dans une assemblée de mille guignols. Ce serait un scandale planétaire dont le malheureux locuteur ne se remettra jamais, définitivement exclu de la bonne société…
- Et puis il y a ceux dont l’usage demeure encore possible à la marge, faute de mieux. Ils n’en sont pas moins inconvenants, sources de gêne provoquant un ange qui passe dans les dîners en ville, plus sûrement qu’un dérapage sur les péchés de la chair dans le salon de thé des vieilles filles fripées…

Un seul mot domine dans le premier groupe : "Islam". Pour éviter les risques évoqués plus haut, le principe de précaution et l’horizon indépassable du risque zéro invitent évidemment à s’abstenir de l’utiliser ainsi que tous ses dérivés, y compris en …isme. Faute de pouvoir faire autrement, on noiera le poisson en écrivant "les religions"… Padamalgam y retrouvera ses petits, n’en doutez pas.
Dans le second groupe, "Chrétien" et tous ses dérivés sont sur la première marche du podium. On évitera donc autant que faire se peut d’avoir à les utiliser. S’agissant des individus, on trouvera toujours un autre qualifiant à mettre à la place ("un retraité", "un égyptien", "un blond", "un unijambiste",…) S’agissant d’institutions, on préfèrera "une église" (au sens d’immeuble)

Pour sacrifier à une de mes petites manies, j’ai passé en revue les Unes du jour des 30 principaux quotidiens généralistes de France :

La découverte fortuite d’une programmation d’attentats contre toute une liste d’églises catholiques ("en choisissant les plus fréquentées pour tuer le plus de monde"…) par un tueur islamiste avéré a fait la Une de 17 journaux plus deux encarts de bas de page (L’Huma et Libé) soit 19 (non compté La Croix : sujet seulement évoqué dans le corps de l’édito titré "Ne pas céder à la peur")
       
Fréquence des mots utilisés dans les gros titres sur ces 19 Unes :
Attentat : 9 - Terrorisme : 6 - Massacre [projet de] : 1 – Programmé pour tuer : 1
Eglises : 7- Chrétiens : 1
Jihadiste [au singulier] : 2 - Islam : Ø…


Ceci-dit, vue la panique à bord en haut lieu et la montée des flots, Manu la Mâchoire s’est précipité - une fois n’est pas coutume - dans deux des églises visées par le tueur musulman islamiste jihadiste présumé et indéfinissable pour pérorer. Un de ses sous-fifres a peut-être même dû l’empêcher de prendre la kippa ou d’enlever ses pompes par routine. Bref, sans jamais, bien évidemment, évoquer qui "s’en prend à", il nous a sorti la dernière cartouche qui tue :
« Vouloir s’en prendre à une église, c’est s’en prendre à un symbole de la France, c’est l’essence même de la France qu’on a sans doute voulu viser » On croirait du Tillinac !
Presque, il disait qu’il fallait aller à la messe pour défendre la République !

Apportez-lui des sels ! Ou un peigne, j’sais pas…

C’est évidemment un écolo vert sur tranche, ci-devant ministre d’Ayrault, et du Développement de surcroit, qui l’a rappelé à l’ordre : « Quand on est premier ministre de la République laïque, attention à ne pas dire que d’un côté, il y aurait des cultes liés à l’essence de la France et d’autres qui seraient en quelque sorte importés(…) et que c’est l’Histoire. Non, il y a une République laïque qui reconnaît à égalité tous les cultes et qui doit absolument garder cette neutralité de façon à ne surtout pas laisser penser qu’il y aurait une seule religion plus naturelle »

Ils sont Charlie et ils le resteront…

mercredi 22 avril 2015

Horrifique !



Regardez-les comme ils sont mignons :


Le petit garçon est tout heureux "d’être" : Il sourit, l’œil rieur et déjà dragueur, les dents blanches bien alignées. Le polo, bleu, forcément, avec la liquette qui dépasse, promesse d’adolescence à venir ; bien dans sa peau, bien dans ses baskets… Il est fier d’avoir grandi de quelques centimètres…
La petite fille est en retrait, forcément ; les cheveux-ficelles longs, forcément ; elle a la tête baissée, les yeux baissés (faites de la dentelle…), forcément. En robe ! forcément… Avec un mètre de couturière, forcément, elle se préoccupe de sa ligne… forcément.

Vous n’avez pas "vu" toussa sur le champ dans votre "lecture" de cette image ? Il faut vous faire soigner mon vieux !

Il revenait au Conseil Général des Bouches-du-Rhône de choisir l’illustration pour la couverture de la nouvelle édition 2015 du Carnet de Santé. Oui, j’ai bien dit "Général". Celui d’avant les dernières élections. Elections intervenues entre la signature du bon à tirer et la livraison du produit…
On pourrait certes s’étonner qu’une image aussi scandaleuse ait pu être choisie sous une majorité départementale socialiste. Mais c’est oublier qu’en ces temps-là la femme n’était que portion congrue au sein de l’Assemblée territoriale, ceci pouvant à la rigueur excuser cela.
Aujourd’hui, le dit Conseil n’est plus Général mais Départemental, oui je sais. Et sa majorité a changé de bord en dépit de la parité.

Et voilà qu’à peine mis en service, cette nouvelle version du Carnet de Santé déclenche un tollé sur les réseaux sociaux où les petits connards (j’ignore le féminin du mot et elles m’excuseront) se sont défoulés en dénonçant le sexisme et le machisme de cette couverture…

Et que croyez-vous qu’il advint ? Il paraît que Martine Vassal, nouvelle présidente UMP du département, a été très en colère. On aurait donc pu penser qu’elle allait déclarer : "- C’est comme ça et on vous emmerde !", ce qui aurait probablement laissé les connards bouches bée (et accessoirement refait glisser quelques électeurs du Effhaîne vers les… quoi déjà ? Ah oui ! Les "Républicains"…)
Ben non. Elle a décidé de faire retirer tous les exemplaires du dit carnet de santé. "Un nouveau document avec un autre visuel sera édité dans les plus brefs délais."
La facture de confection des carnets mis aussi sec au pilon s’élevait à 33.000 €. Il faudra bien compenser ce dépassement budgétaire. Ne nous inquiétons pas, le contribuable phocéen saura faire face sans qu’on soit obligé de réduire ici ou là les distributions de subventions.

Je soupçonne que les mères qui accouchent dans les maternités de la Belle de Mai n’ont d’autant plus rien à foutre de l’illustration de couverture du carnet qu’elles ne contribuent que très marginalement à son financement. Mais je m’égare.

Surtout, comme je soupçonne que le Conseil désormais départemental n’envisage pas un nouveau tirage avec une couverture genre "Les pensées de Botul" chez Gallimard, j’attends avec impatience la nouvelle illustration retenue. C’est que ça va être coton : Le plus neutre serait d’y faire figurer un garçonnet aux cheveux longs et une fillette à la coupe genre Jean Seberg dans A bout de souffle (sic), tous deux boutonnés jusqu’au cou dans des bleus de chauffe érotofuges façon chinetoques à Mao. S’agissant d’impubères vu la tranche d’âges concernée, çà éviterait de les distinguer, donc de discriminer ; et dissuaderait en prime les pédophiles. Le moins dangereux serait évidemment de virer les gosses, thèmes du bouquin, et de faire figurer un tableau de Vasarely ou, j’sais pas moi, un biberon, un pèse-personne et une toise qui ne fasse pas trop penser à une potence…

Mais bon, on y remettra forcément des mômes. Quand toutes les traces de sexisme auront été effacées - j’attends de voir comment - il faudra encore, sûrement, par prudence, anticiper les critiques suivantes...
Il est probable que nous aurons au final quelque chose comme une photo de classe d’une petite section de maternelle de La Rose ou de L’Estaque avec une parfaite parité et toutes les nuances de diversités de nature à satisfaire la devise de la République Charlie : "Egalité-Diversité-Susceptibilité"  


Est-ce possible ? 



Oups ! Là je me suis trompé !
C'est le carnet des génisses à Léon.