"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 6 juillet 2015

La vie continue…



Bon. Maintenant que la Grèce a dit ‘OXI, reprenons le train-train des fait-divers et des souchiens-écrasés :

René Galinier a donc été condamné à 5 ans de prisons dont quatre avec sursis et seulement un an de prison ferme. Mais c’est quand-même une peine de 5 ans de tôle, mon petit père. On n’est pas dans le cas d’une condamnation à deux ans fermes qui ne sont jamais exécutées….
Donc avec "mandat d’amener"…
Ayant déjà fait 2 mois, 1 semaine et un jour en détention préventive compte tenu du "risque de trouble exceptionnel ou persistant à l’ordre public" et du fait avéré que "Une mise en liberté pourrait aussi susciter l’incompréhension dans l’ethnie d’origine des victimes et faire craindre des représailles à l’égard du mis en examen", il est donc retourné hier en taule où il lui reste 9 mois, et 3 semaines à tirer. Il lui reste à espérer un minimum d’urbanité de la part de ces voisins de cellule, de réfectoire, de douche et de promenade… Et d’attendre en espérant que le bon vouloir des juges d’application des peines et la mansuétude de Taubira lui fassent quelques fleurs comme à… d’autres. Peut-être…

dimanche 5 juillet 2015

Occis pour un oui ou pour un non…



Qui peut prévoir le résultat du référendum d’aujourd’hui en Grèce ?

Encore quelques heures à attendre. De toute façon, quel que soit le résultat, on s’achemine vers un bordel des plus grandioses. Dans cette attente – et en prévision de ce qui nous attend – nous, chez nous en Fwance – j’ai estimé utile, ne serait-ce que pour en garder trace, de reproduire ici l’article publié avant-hier par Jacques Sapir. Le voici :

« Les électeurs grecs sont soumis à une pression tant économique que médiatique sans précédents pour les convaincre de voter « oui ». Les exemples ici abondent, depuis les déclarations des hiérarques de l’Union européenne (les Juncker, Schulz et autres) jusqu’aux pressions faites par les entreprises grecques, en passant bien entendu par la pression la plus importante, et la plus significative, celle de la Banque Centrale européenne qui a coupé l’accès au compte Target2 des entreprises grecques, les empêchant de commercer avec l’étranger. On est en train d’étrangler la Grèce, en la privant de liquidités, et ce au moment même où le FMI reconnaît le bien-fondé des positions défendues par le gouvernement d’Alexis Tsipras. L’ampleur de l’ingérence européenne est sans égale ; elle constitue un scandale inouï et un déni de démocratie immense. Elle jette un doute sur l’honnêteté du résultat si le « oui » devait l’emporter.

Mais, ce référendum a permis en quelques jours d’opérer un dévoilement important de l’attitude tant de l’Eurogroupe que de l’Union européenne. Ce dévoilement de la nature réelle des institutions européennes est un fait important pour l’ensemble des peuples qui vivent sous ce qu’il nous faut bien aujourd’hui appeler la coupe de l’UE. Il faut donc ici faire le bilan de ce que nous avons appris à la fois dans les mois qui nous séparent de l’élection de janvier dernier et surtout dans les jours qui ont suivi l’annonce du référendum.
La position, tant de l’Eurogroupe que de la Commission européenne, ou du Conseil européen, vis-à-vis du gouvernement grec n’a nullement été fondée sur un constat économique mais elle a toujours procédé d’un parti-pris politique. En effet, il était clair que les demandes de restructurations que le gouvernement grec a présentées sans relâche depuis le mois de février dernier de la dette étaient fondées. De nombreux économistes l’ont écrit [1]. Même le FMI l’a récemment reconnu [2]. Il est aujourd’hui évident que cette restructuration devra avoir lieu, et que le plus tôt sera le mieux. Les rejets multiples et répétés de ces propositions par l’Eurogroupe n’ont eu pour seul objectif que d’aboutir soit à la capitulation du gouvernement grec soit à sa démission. La déclaration de Martin Schulz, Président du Parlement européen le confirme [3]. Il est donc désormais bien établi que les institutions européennes n’ont eu de cesse que d’obtenir le départ d’un gouvernement démocratiquement élu. Ceci en dit long sur la notion de « démocratie » dont on se gargarise tant à Bruxelles qu’à Strasbourg. Ces « institutions » ont donc mené une guerre sans relâche contre le gouvernement grec, n’hésitant devant aucune manœuvre pour le déstabiliser. On en a eu une confirmation avec les méthodes odieuses qui sont utilisées contre lui depuis qu’il a décidé de recourir au référendum.

L’Eurogroupe, qui est l’instance assurant le pilotage de l’Union Economique et Monétaire, que l’on appelle la « zone Euro » n’a pas hésité à violer les règles tacites de fonctionnement établies depuis maintenant des décennies que ce soit du temps du « Marché Commun » ou de celui de l’Union européenne. En décidant de tenir une réunion dont le ministre Grec, M. Varoufakis, serait exclu, l’Eurogroupe, et en particulier son Président M. Dijssenbloem ne se sont pas seulement comportés de manière illégale, mais surtout de manière contraire aux principes qui sont censés être respectés entre les différents pays de l’UE. Il s’agit, ici encore, d’un abus de pouvoir inouï. Il n’a de parallèle que la décision de la Banque Centrale Européenne de couper les comptes Target2 (ou système électronique de transferts intra-zone) des entreprises grecques, organisant une pénurie artificielle de liquidités en Grèce, pénurie qui pèse de manière dramatique sur la situation de la population et qui compromet la tenue du référendum. C’est la première fois que, dans l’Histoire, une Banque Centrale organise une crise financière au sein de la zone dont elle a la responsabilité, non par incompétence mais à dessein. A nouveau, nous sommes confrontés à un abus de pouvoir inouï. Cet abus de pouvoir signifie en réalité que, sans le dire, la BCE a exclu la Grèce de la zone Euro. Si tel n’était pas le cas, la BCE aurait dû continuer à respecter les comptes Target2 des entreprises. Cela signifie que tant l’Eurogroupe que la BCE ne respectent pas la souveraineté de la nation grecque. Nous sommes revenus à la situation des années 1960 quand Leonid Brejnev affirmait la doctrine de « souveraineté limitée » des pays de l’Est vis-à-vis de l’Union soviétique. Ce qu’on fait l’Eurogroupe et la BCE est l’équivalent financier de l’intervention soviétique à Prague en août 1968. Nous sommes donc bien confrontés à une tyrannie. Il faut en mesurer soigneusement toutes les conséquences.

On peut en déduire que l’Euro n’est pas une monnaie, ni même un projet économique, mais qu’il est un mode de gouvernement qui vise à imposer les règles du néo-libéralisme contre l’avis des peuples. Telle est la conclusion logique des dénis de démocratie que l’on a décrits et que le gouvernement grec, avec beaucoup de courage et un grand discernement, ont permis de dévoiler. Le maintien de l’Euro ne se justifie pas par des arguments économiques, mais essentiellement par la volonté politique de domination qui aujourd’hui s’incarne dans l’Allemagne, mais qui s’étend, que l’on parle ici de « collaboration » ou de « syndrome de Stockholm » n’a que peu d’importance, aux élites politiques de l’Espagne, de la France et de l’Italie. De ce point de vue, l’absence de politique française, ou plus précisément la servilité compassionnelle dont elle fait preuve face à l’Allemagne sur la question de la Grèce est des plus instructives. On ne peut que s’indigner de la passivité du Ministre des Finances, M. Michel Sapin quand, le samedi 27 juin, M. Varoufakis a été exclu de la réunion de l’Eurogroupe. Mais reconnaissons que cette passivité est dans la logique de l’attitude française depuis le début. Rappelons ici qu’avant son élection M. Alexis Tsipras n’avait pas été reçu par les membres du gouvernement et du P « S »…

Ces comportements signifient la fin des illusions en ce qui concerne la possibilité d’aboutir à un « autre Euro » ou de « changer l’UE ». Il faut sur ce point être très clair. De nombreuses forces se sont bercées d’illusions sur ce point, que ce soit en Grèce, et c’est l’une des contradictions de Syriza, ou en France, avec l’attitude du PCF et du Parti de Gauche. Toute bataille menée de l’intérieur du système est appelée à rencontrer des obstacles tellement formidables que l’on peut douter de son succès. James Galbraith, après beaucoup d’autres, a écrit que seul le vote « non » au référendum du 5 juillet pourrait encore sauver l’Euro [4]. Ce qui est sûr est que, paradoxalement, le « oui » va accélérer la fin de l’Euro en mettant au jour la nature réelle de la zone Euro. Le voile de la soi-disant « rationalité » économique désormais déchiré, réduit à un mécanisme de domination, l’Euro se révèle dans sa nature la plus odieuse [5]. Vouloir « changer » l’Euro n’est plus aujourd’hui une simple erreur ; cela devient au vu de l’action de la zone Euro envers la Grèce une stupidité criminelle. Il faudra d’urgence que les différents partis qui ont joué avec cette idée se mettent rapidement au clair sur cette question ou qu’ils assument de n’être que l’aile compassionnelle de la tyrannie européiste.

Les erreurs stratégiques de Syriza pèsent alors lourd, même si la manière dont la négociation a été menée est digne d’éloge. Il convient de s’inspirer du combat mené mais de ne pas en répéter les erreurs. Ne s’étant jamais mis au clair sur cette question, le gouvernement grec n’a pu apporter au coup d’Etat financier organisé par Bruxelles qu’une réponse bien incomplète. A partir du moment où la clôture des comptesTarget2 des entreprises grecques était constatée il devait réquisitionner la Banque Centrale de Grèce pour que le pays ne se trouve pas à court de liquidité, ou émettre des certificats de paiement (garantis par le Ministère des finances). On rétorquera que cela aurait été interprété par l’Eurogroupe comme une rupture définitive. Mais l’action de la BCE était bien l’équivalent de cette rupture. Il n’est aujourd’hui pas dit que le « oui » l’emporte. Mais, s’il devait l’emporter, ce serait bien parce que le gouvernement grec n’a pas voulu aller jusqu’au bout de la logique dans sa lutte pour la démocratie.

Les leçons que l’on doit tirer de ce qui se passe actuellement en Grèce, que ce soit en France ou ailleurs, sont extrêmement importantes. Un gouvernement qui entrerait en conflit avec l’Eurogroupe et avec l’UE sait désormais à quoi s’attendre. Les risques de déstabilisation de la société sont immenses dès lors que l’arme financière est utilisée sans restriction par la BCE. Devant ces risques, du moins en France, nous avons une procédure d’exception qui est prévue par la constitution : c’est l’article 16. Le précédent de la Grèce montre que les pressions financières peuvent empêcher un fonctionnement normal des institutions. Le pouvoir exécutif serait alors en droit d’user de l’article 16 pour gouverner par décret dans la période de crise et pour répliquer, du tac au tac, aux actions venant de Bruxelles et de Francfort. »

Jacques Sapir – article publié sur son blog le vendredi 3 juillet 2015

Les numéros entre crochets renvoient à des notes en bas de pages que je n’ai pas reprises pour ne pas alourdir. Elles incluent les liens vers les sources et figurent au pied du même texte sur le site les Crises qui l’a repris ce matin.



vendredi 3 juillet 2015

Du Papy et de l’enfant d’avenir…



A l’automne 2010 – il y a bientôt cinq ans de ça – encore blogueur néophyte quoique déjà largement nubile, j’avais posté ici à quelques semaines d’intervalle deux billets mettant en regard – ou en miroir – deux "faits divers" quasi concomitants. Vous aurez l’indulgente bonté d’aller les lire ou relire ici puis .

Aujourd’hui, l’occasion m’est donnée de revenir une fois encore sur ces deux "affaires". En effet, c’est hier que c’est enfin ouvert à Montpellier le procès intenté en Cour d’Assise par le ministère public à René Galinier, désormais âgé de 78 balais, pour tentative de meurtre commise le 5 août 2010 sur les personnes de deux jeunes mineures sans papiers et "d’ethnie Rom" en situation irrégulière dont l’ainée était déjà recherchée pour des faits similaires, surprises par lui en train de cambrioler son gourbi de petit retraité.
Du coup, j’ai recherché si je trouvais des nouvelles de ce pauvre Moncif Ghabbour suspecté en son temps d’avoir été complice présumé dans le braquage du Casino d’Uriage en juillet de la même année. Ayant alors eu l’outrecuidance de faire un parallèle entre les déboires de ce dernier et l’agression commise par Papy Galinier, je me devais à mes fidèles lecteurs d’assurer le service après-vente de mes vieux billets.

S’agissant de René Galinier, en effet, les médias nationaux en ligne accordent depuis hier toute la place qui convient au sordide scandaleux de l’affaire et cébien. Les médias régionaux assurent en plus, d’heure en heure, un suivi en live des débats On saura tout des contradictions des déclarations du vieux con aux pompiers et des réactions de sa voisine, témoin épouvantée. En tout état de cause, on sait déjà que la légitime défense est écartée d’entrée de jeu et que l’avocat général lui fait subsidiairement la grâce d’abandonner l’inculpation de propos racistes bien que… Certes, ce n’est pas le procès de Marie Besnard ou du docteur Petiot mais presque. On regrette la faconde de Léon Zitrone trop tôt décédé. 
Bien sûr, la tronche du Papy, prise dans le box sous son plus mauvais angle, s’affiche en haute-définition sur tous les sites en ligne avec, tant qu’à faire, celle de son défenseur, ce qui ne mange pas de pain vu que c’est maître Gilbert Collard…
Bien sûr aussi, les deux jeunes victimes sont présentes, chacune avec son interprète rémunérée par on ne sait qui (si). Jolies filles mitraillées par la presse comme des stars sur les marches de Cannes. L’une n’avait que onze ans au moment des faits, rendez-vous compte ! Et l’une d’elle "en gardera des séquelles à vie".

Bon. Et ce pauvre Moncif, qu’est-il devenu ? J’ai fini par trouver. Juste une info de France-bleu Isère du 16 mars dernier : Le 6 mars, "suite à une demande du parquet" (sic) le juge d’instruction avait pris une ordonnance de non-lieu rendant enfin sa totale liberté à M. Ghabbour cruellement maintenu depuis trop longtemps en liberté sous contrôle judiciaire "sans bracelet électronique"… Evidemment, les média ont eu le tact de ne pas en faire un sujet
Bien sûr, la photo de la tronche de Moncif reprise à cette occasion par Franc-bleu Isère, elle, est floutée ; il faut protéger l’innocence des enfants…
Bien sûr aussi, s’il est heureusement normal qu’on ne nous montre pas la tronche de la fliquette blessée au visage dans l’affaire, on ne saura pas non plus si elle "en garde des séquelles à vie"…

Ce sera tout pour aujourd’hui.   

jeudi 2 juillet 2015

Le bruit de la mouche…



Ça y est ! Fuyant la canicule, j’ai enfin gagné dimanche dernier ma résidence d’été. Ce n’est ni Castel Gandolfo ni le fort de Brégançon, c’est beaucoup mieux. Et, comme de coutume, une fois effectuées les diligences habituelles de réouverture de la boutique, j’ai décidé de m’accorder quelques jours à ne rien faire… D’autant que les circonstances qui commandent les agendas des uns et des autres me laissent seul ici encore deux bonnes semaines. Profitons-en. 
Seul ? Pas vraiment. Certes, le bruit de fond qui monte de la vallée a cette année des sonorités de "Grexit" et "Euro-exit" de nature à susciter l’épouvante chez certains, mais je n’en ai momentanément rien à cirer. Vu que quand c’est Tsipras qui appelle il n’y a personne en Europe pour répondre au téléphone, ça sonnera bien encore à la rentrée. A moins que quelqu’un se décide d’ici-là à couper la ligne. Je suis en vacances et l’Europe en vacance.
Non. Le seul bruit qui me perturbe, qui m’exaspère en ce moment, c’est le bruit de la mouche. Cette salope, grosse et bien grasse, s'est prise d’un amour pervers pour l’écran de l’ordi. Et je n’ai plus la dextérité suffisante pour commettre un insecticide sans risques de dommages collatéraux sur le matos…

Au demeurant j’échappe donc à la canicule. C’est vrai si on s’en tient à sa définition administrative sous nos latitudes (minima nocturnes d’au moins 23°c & maxima diurnes d’au moins 33°C 3 jours consécutifs ou quelque chose comme ça) Cette canicule, il est vrai, permet de meubler suffisamment les média pour réduire la surface des Unes consacrées à la Grèce qu’on-sait-plus-trop-quoi-en-dire et pour renvoyer l’immigration en pages intérieures… J’y échappe mais, conjuguée à la "crise de l’Euro", la chaleur m’amène à passer… du bruit de la mouche au bruit de la douche…

Comme il est bon de ne rien faire quand rien ne s’agit autour de soi, j’ai notamment consacré ces derniers jours à une séquence lecture-chaise longue. Ce que faisant, je viens de finir de lire un roman de politique-fiction de 250 pages qui relève du genre particulier que l’on appelle l’uchronie. Donc une intrigue imaginaire partant d’un point de départ bien connu et réel et qui fait carrément diverger la suite de l’Histoire que nous avons vécu et vivons encore…

Qu’en dire sans vendre la mèche ?
Moscovici avait appris ce soir-là que DSK s’était fait poisser pour une histoire de viol de soubrette et qu’il était en route pour Rickers dans un fourgon cellulaire. Après avoir passé fébrilement trente-six coups de fils, Mosco’ s’était couché, incapable d’honorer Marie-Charline, et avait fini par s’endormir…
Il se réveilla en sueur. Il venait de faire le plus épouvantable cauchemar de sa vie…  
La suite, éveillée et bien réelle, tient sans doute aussi du cauchemar. Mais ce cauchemar-là, il sait s’y adapter…

Ecrit par quelqu’un très au fait du milieu concerné et très bien documenté, ce premier roman est tellement vraisemblable qu’il m’a fait rêver. Compte-tenu de l’actualité d’aujourd’hui, c’est peut-être le roman de l’été… 





        David Desgouilles
"Le bruit de la douche"
       Chez Michalon – 17 €

            disponible chez Amazon, etc.