"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 26 juillet 2014

Principe de précaution, et cætera…



La cafetière électrique est morte. Probablement prématurément au regard de mon estimation toujours résolument optimiste de l’obsolescence programmée, qu’il s’agisse des choses comme des personnes autres que votre serviteur… La défunte avait été victime il y a quelques semaines d’un accident de la circulation suite au geste inconsidéré d’un tiers dont l’identité n’a pu être déterminée… Elle en avait gardé de lourdes séquelles sous la forme de fêlures. Au demeurant, elle continuait à assurer son service domestique à la satisfaction de l’ours solitaire. Las ! L’été venant et l’effectif de rationnaires augmentant ici plus vite que le nombre de naufragés au large de Lampedusa, il est apparu que sa blessure ne lui permettait plus de fournir plus de trois tasses de café à la fois, chose que je ne lui avait pas demandé depuis son accident.
Pour le bien de la collectivité, il fallait donc se résoudre à l’eutha la laisser partir dans la dignité.        

Et la remplacer… C’est fait pour la modique somme de 25 € ; TVA inclus ainsi que la putain de marge de la maison Phillips et du distributeur…

Pourquoi vous causer de ça ?

Parce que je viens de lire la notice accompagnant sa remplaçante fraîchement débarquée pour prendre sons service.
Agrémentée de petits dessins pour analphabètes détaillant par le menu la manière de s’en servir, de lui donner son bain et de la détartrer, ladite notice, dépliée, se présente comme une sorte de drap de lit déclinant en petits caractères des "avertissements", successivement en anglais, danois, allemand, grec, finlandais, français, italien, néerlandais, norvégien et suédois.

Ainsi, j’ai notamment appris que :
"- Cet appareil peut être utilisé par des enfants de 8 ans et plus, des personnes dont les capacités physiques, sensorielles ou intellectuelles sont réduites ou des personnes manquant d’expérience et de connaissances, à condition que ces enfants ou personnes soient sous surveillance ou qu’elles aient reçu des instructions quant à l’utilisation sécurisée de l’appareil et qu’ils aient pris connaissance des dangers encourus."
Après avoir hésité, j’ai fait preuve de courage et j’ai branché la bête en fermant les yeux.

Il est vrai que je venais aussi d’apprendre que :
"- Cet appareil est conforme à toutes les normes relatives aux champs électromagnétiques. Il répond aux règles de sécurité établies sur la base des connaissances scientifiques actuelles s’il est manipulé correctement et conformément aux instructions de ce mode d’emploi."…
Ça rassure…

A titre documentaire j’ai aussi appris en lisant jusqu’au bout que :
"- Cet appareil est destiné à un usage domestique ou pour une utilisation similaire comme : - cuisine destinée aux employés dans les entreprises, magasins et autres environnements de travail ; - fermes ; - utilisation par les clients dans les hôtels, motels et autres environnements résidentiels ; - chambres d’hôtes."
Je cherche encore ce que leur avocat a oublié…

Je renonce, en revanche, à chercher quel est le coût des prestations de conseils juridiques qui contribue depuis quelques décennies à majorer le prix de revient des produits manufacturés.

Le gilet jaune est l’étendard de cette civilisation.

vendredi 25 juillet 2014

Obsèques dans la plus stricte intimité.




Pas de faire-part. Dans les rues désertes d’un Paris-au-mois d’août, le corbillard passera sans faire plus de de bruit que celui conduisant Mozart à la fosse commune, suivi par un chien dans les rues de Vienne. Le corbillard d’aujourd’hui se résume à une brève en ligne annonçant la conduite du de cujus au pilon des titres disparus. Il n’y aura pas grand monde pour cette mise en terre. Le milieu se passionne pour les crises successives, chaque fois plus intenses et rapprochées, qui permettent à Libération de se faire peur sans que son pronostic vital ne soit vraiment engagé. Quant à l’acharnement thérapeutique dont bénéficie l’Humanité, son coût en dépenses sociales ne fait pas débat comme pour Vincent Imbert. C’est rassurant.
Le décès brutal et inattendu du Spectacle du Monde ne provoquera pas une avalanche de mots de condoléances ou une ligne de communiqué du Sinistère de la Kultur. Personne ne se dira dévasté
  
"Il faut de l’agréable et du réel ; mais il faut que cet agréable soit lui-même pris du vrai." Présente dès l’origine en page trois de la publication, cette phrase de Blaise Pascal exprime parfaitement l’esprit de cette revue de haute tenue. Avec le recul qu'interdit à la presse quotidienne son nez dans le guidon, et sans la lecture trop précipitée des évènements qu’impose le rythme hebdomadaire, Spectacle offrait chaque mois depuis plus de cinquante-deux ans une relecture réfléchie et une mise en perspective de l’actualité politique, géopolitique, sociétale et de tous les domaines de la culture. Elle permettait à l’honnête homme de se poser et, ainsi, de pouvoir prendre conscience des dimensions parfois insoupçonnées des évènements et, aussi, de découvrir souvent l’intérêt de certains sujets lui étant étrangers.
Hormis quelques assez courtes interruptions volontaires à des moments de ma vie trop prenants pour que je puisse suffisamment profiter de sa lecture, j’y suis abonné depuis quarante-cinq ans… J’en ai cinq cartons à la cave car c’est le genre de revue qu’on répugne à jeter après consommation. S’ils sont forcément aujourd’hui datés, je suis sûr que feuilleter ces anciens numéros doit permettre de retrouver le "climat" de certaines périodes et de découvrir bien des analyses prémonitoires… Pour le fun, je garde le souvenir fugace de quelques articles aux apparences de billets d’humeur mais d’une profondeur exceptionnelle dans la mise en perspective. Comme, par exemple, un article de Jean-Raspail sur le tutoiement ; et même un autre de François Brigneau sur… le rugby…  

Aujourd’hui, j’ai devant moi le numéro 613, celui de juillet-août. C’est le dernier ; il n’y en aura pas d’autres… Et, contrairement à ce qui est fréquent dans la presse, pas un mot n’y annonce sa propre mort.

Fondé par Raymond Bourgine en 1962, Le Spectacle du Monde a toujours été résolument de droite, tant par la qualité des plumes dont il hébergeait la prose que par le soin et le souci de qualité apporté à l’esthétique, à sa mise en page élégante et au choix des illustrations.

Nous étions 16 500 abonnés. Mais le titre ne dispose évidemment pas des mêmes indulgences d’enfant gâté que l’Huma, par exemple. Profitant de la vacance de l’été, le groupe de presse Valmonde vient donc d’évoquer un manque de rentabilité pour arrêter la publication en s’amputant d’une de ses deux guiboles essentielles (Va-t-il s’appeler dorénavant le groupe Val ?)
Va pour le manque de rentabilité… L’OJIM, toutefois s’interroge. Ne s’agirait-il pas aussi, ou plutôt, d’une question de "ligne politique" ?  Le Spectacle du Monde a toujours joué la carte d’une large ouverture sur toutes les sensibilités de droite. Par les temps qui courent où, du centre-droit aux courants les plus affirmés de la droite identitaire et/ou euro-méfiante, des recompositions sont probables, voire des bouleversements possibles, le positionnement ouvert du Spectacle ne serait peut-être plus jugé en adéquation avec l’orientation très libérale et franchement pro-sarkozyste de Valeurs Actuelles, titre phare en pleine croissance sur lequel le groupe Valmonde met visiblement le paquet ?

Quoi qu’il en soit, la fin de Spectacle du Monde est une perte pour la culture française.  

mercredi 23 juillet 2014

Condoléances médiatiques sentant la trouille…



En France, les accidents de la route entrainent en moyenne chaque mois 330 tués et autant de blessés graves gardant des séquelles lourdes. L’équivalent de la population de mon douar d’élection rayé des vivants tous les dix-huit mois, femmes et enfants compris. Une moyenne de onze morts chaque jour…
Certes, pour tout un tas de raisons, cette cause de mortalité a diminué de 35% en dix ans ; et de 50% en vingt ans alors que sur la même période le nombre de kilomètres parcourus a augmenté de près de 80%. Cébien. Mais, bien sûr, c’est toujours trop tant l’horizon indépassable est le risque zéro…

Quel qu’en soit la cause, défaillance mécanique (improbable) ou perte de contrôle par le chauffeur (malaise ou assoupissement dû à une cause pathologique, à la fatigue, au manque de sommeil ou à une hypoglycémie d’origine… religieuse), un fourgon carrossé en minibus a franchi la ligne blanche de la départementale et, faute à pas de chance, s’est emplafonné à fond la caisse dans un poids lourd venant en face qui ne lui demandait rien. Bref, six morts en une seule fournée. Oui, d’un seul coup d’un seul, hier après-midi, dans une même unité de temps et de lieu comme il sied au théâtre, on a déploré autant de morts qu’on en comptabilise en moyenne chaque séquence de treize heures trente minutes sur la totalité du réseau routier fwançais.
Dans ce triste évènement, quatre enfants âgés de onze à treize ans ainsi qu’un jeune de vingt ans ont perdu la vie bien trop tôt. Leurs parents et leurs proches méritent toute notre compassion, et même notre empathie, nous, ceux qui sont nombreux à avoir vécu de tels drames et perdu pareillement des êtres chers dans la fleur de l’âge. Mais bon.

Je n’ai quand-même pas pu m’empêcher de me marrer en lisant le titre des dépêches : "Cinq enfants ont péri…" Sans doute les pisse-copies de l’AFP anticipent-ils la prochaine loi Taubira qui permettra à certains d’être mineurs jusqu’à vingt-trois ans… Mais c’est sans importance.

En revanche, je suis resté hier soir la mâchoire pendante devant la télé en zappant de chaîne en chaîne les "infos en continu" : Entrelardé de retours sur les manifs pro-palestiniennes, sur le dernier décompte à la centaine près de mômes et fatmas qu’on nous dit éviscérés sous les bombes à Gaza, sur les méchants pro-russes de Donetsk et sur le tir au pigeon MH17, l’info sur l’accident est revenu en boucle jusque tard dans la nuit, non pas sous la forme habituelle d’une annonce d’un triste fait divers par le présentateur, mais avec une débauche d’interviews et de reportages sur place comme dans le douar de domicile des victimes. Toussa ayant à l’évidence nécessité de mobiliser une armada d’envoyés spéciaux et de camions relais-télé. On n’a rien pu ignorer du chagrin des proches et que les plus jeunes pleuraient, de l’inévitable cellule d’assistance psychologique, du soutien apporté par la mairie à ses administrés, des divers rassemblements dans la ville, des déclarations du Procureur, des interrogations des experts, de l’autocar ayant amené une vingtaine de proches des victimes de Seine-et-Marne jusqu’à Troyes pour identifier les corps, de l’état de santé des trois survivants (deux enfants et une animatrice) dont les jours ne sont pas en danger le pronostic vital n’est pas engagé, qu’une autopsie du conducteur doit être pratiquée, que le lieu de l’accident est entouré de champs, notamment de maïs, que vingt-cinq gendarmes sont déployés sur place, etc. J’ai rien oublié ? J’ai bon ?

Ah oui !
- L’Elysée s’est fendu d’un communiqué : "Le président de la République a appris avec une très grande émotion le terrible accident de la route survenu à… " Il "a demandé que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame"… Et "assuré les familles et les proches des victimes de toute sa solidarité"…
- Le Premier ministre a bien sûr exprimé sa "profonde émotion"…
- Enfin, cerise sur le gâteau, le sinistre de l’intérieur, il est vrai fort peu occupé par les temps qui courent, et le sous-sinistre aux Transports ce sont eux-mêmes rendus sans débander sur le lieu de l’accident.
"Nous avons souhaité être ensemble pour dire à la fois notre tristesse, notre solidarité et nos remerciements aux sauveteurs" qu’il a dit le Cazeneuve de toutes les polices...
"Les mots sont impuissants à exprimer la douleur qui est la nôtre (…) C’est un drame qui endeuille la France" qu’il a ajouté le Cuvillier des portiques écotaxe...

Putain ! Mais qu’est-ce qui se passe ?

On a reperdu la princesse Diana ?

Coup de bol, le rituel des obsèques à prévoir pour ces enfants de Nangis (Seine-et-Marne) n’implique pas de cérémonie à la mosquée. Le gouvernement n’aura donc pas à s’y rendre en corps constitué en enlevant ses chaussures…  

mardi 22 juillet 2014

De la Bastille à Sarcelles…


En 1775 :

« Je ne sais où on prend la confiance qu’on arrêtera la fermentation des têtes, mais si je ne me trompe pas, de pareilles émeutes ont toujours précédé les révolutions. »

Lettre du bailli De Mirabeau au duc de La Vrillière en 1775.

Louis Phélypeaux, comte de Saint-Florentin, duc de La Vrillière, fut sous le règne de Louis XV puis le début de celui de Louis XVI secrétaire d’Etat à la maison du Roi ; c’est-à-dire, notamment, le Ministre en charge de l’administration de Paris et des provinces (et des" affaires générales du clergé") avec supervision sur le Lieutenant général de Police (bref le Ministre de l’Intérieur de l’époque…)

En 2014 :
 

 "Tweet" d’info adressé par itélé à ses fouleovaires en 2014.

Donc, rien à craindre pour les 15 ans qui viennent.

lundi 21 juillet 2014

"Radio-Paris-ment" et les "Résistants" sont complices…



Retour de ouiqende d’un allergique au smartphonne, donc loin du clavier, donc loin du blog…
Le voyage fut à l’aller d’une triste et habituelle banalité :
- Une fois encore, le billet réservé tardivement ne pouvait être ni payé ni édité en ligne. Il m’a fallu me rendre en ville, à l’agence, y prendre un numéro et attendre mon tour comme à la boucherie ou chez Pôle-emploi afin de faire déduire du prix le bon-voyage aimablement accordé par la SNCF suite au retard subi lors de mon avant-dernier déplacement en train (pour le dernier, j’attends encore le courrier…)
Bon. Vendredi, arrivé en avance à Lyon Part-Dieu, malgré l’affichage rouge évoquant des perturbations sur les voies et plusieurs suppressions de départs, je note avec satisfaction que mon train est annoncé "à l’heure".  Son quai, toutefois, ne sera affiché qu’à peine trois minutes avant son heure de départ théorique. Rien de trop inquiétant, donc… Venant de Nice via Marseille et Avignon, on n’en fera pas une pendule… Cependant, à Marne-la-Vallée, on consent à nous annoncer 25 minutes de retard "en raison de problèmes techniques sur les voies" ; puis à Roissy un arrêt plus long que prévu "en raison d’une intervention des forces de police"…  Au final, pressé de gagner Bruxelles, ce cher TGV a consenti à me déposer à Lille-Europe avec 40 minutes de retard ; pas assez tard pour me valoir un énième bon-voyage mais assez tôt pour que je puisse encore accompagner le jeune cousin de Dante chez le coiffeur… Je l’en remercie.
- Ce matin, le retour par le même chemin fut absolument normal. Tout au plus mérite d’être signalé le poids et le volume ahurissant de la pyramide de valises et de sacs que les "voisins" embarqués à Roissy à destination de la Côte d’Azur avaient empilée sur mon pauvre baise-en-ville… Mais je m’égare.

Me voilà donc rentré chez moi pour treize heures. Comme il sied à tout homme bien né, ma première démarche a évidemment été de me servir un whisky et de manger un morceau. Et, ce faisant, d’allumer le poste… C’était Fwance-Cul’. Et les infos de Fwance-Cul’ comme de juste…

La spiquerinne annonçait juste à ce moment-là qu’elle passait la parole à un sociologue, politologue, toussa, qui allait nous expliquer ce qui c’était passé à Sarcelle et autres lieux… Le type s’appelait Jobard, ça ne s’invente pas…
Va pour Jobard (Fabien, je crois)
Il nous a expliqué le pourquoi du comment des affrontements entre les sympathisants de la cause palestinienne et les extrémistes juifs. Certes, il a déploré en passant que les médias avides d’émotionnel et de sensationnel aient contribué à exacerber les passions en accordant peut-être trop de place au drame vécu par Gaza, mais, mesdames, messieurs, la violence s’explique autrement…
Quant à la présence de militants de mouvements comme le NPA au côté des sympathisants pro-palestiniens, elle s’explique très bien par la longue tradition de lutte contre la police propre à cette mouvance ; donc rien que de très normals au c d'de jeunes..excès ge...ets rouges...a part de l'quer ce qui c'
Et d’embrayer aussi sec sur la constante de cette violence, récemment constatée de la part de l’extrême-droite, des partisans de la Manif pour tous, des Bonnets rouges… En ajoutant Notre-Dame-des-Landes histoire de ratisser large…
Quant aux Casseurs, c’est autre chose ! Certes, ces casseurs n’ont "rien de commun" avec la cause palestinienne. D’ailleurs, jamais notre Jobard n’a défini ces casseurs par leurs actes. D’un ton très doctoral, il nous a expliqué que le mot Casseur a été inventé après mai 68 avec la volonté de donner une connotation négative aux revendications de certains groupes de jeunes…
Je ne me souviens plus du reste…

Ensuite, la spiquerinne l’a chaudement remercié et est passée à la suite : "Poutine se donne toujours le beau rôle"… 

J’ai éteint le poste…

Je regarderai Télé-Liberté à 19 heures… En attendant le brouillage…